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Nettoyer la psychiatrie de la psychanalyse ? /Edmond Vaurette/

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Un nouveau poste de délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie vient d’être créé par la ministre des Solidarités et de la Santé, qui l’a confié au professeur Frank Bellivier. Est-ce une bonne nouvelle ?

Je m’interroge en tant que psychologue d’orientation psychanalytique travaillant actuellement dans un service de psychiatrie. Un coup d’œil au curriculum vitae de ce nouveau nommé suffit pour distinguer un profil clairement axé sur les neurosciences et une proximité avec la fondation FondaMental, lobby bien connu, proche du libéral Institut Montaigne. Il s’agit donc là de faire la promotion d’une  psychiatrie  dite  « enfin  scientifique ! » – autrement dit, débarrassée de toute référence à la psychanalyse, mais aussi, disons-le, d’une volonté de « liquidation » de la psychiatrie de secteur.

Cette nomination n’a rien d’une surprise, car elle se situe dans la droite ligne de la politique menée par la ministre, bien mal inspirée en la matière. Agnès Buzyn, qui appelait de ses vœux le rapprochement de la psychiatrie avec la médecine générale (1), sait-elle bien quel cauchemar promet ce dessein louable à première vue ? Nombreux sont ceux qui mesurent chaque jour à quel point la psychiatrie est au contraire une discipline bien particulière, qui comporte une dimension scientifique et des enjeux sociaux. La « folie », pour reprendre ce beau mot que FondaMental s’empresse de rejeter, n’est pas entièrement soluble dans une médicalisation intégrale. Celle-ci n’est que le faux-nez d’une réduction de la folie à des données strictement neurochimiques (2).

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