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Jean-Louis Rinaldini – Le sexuel et la psychanalyse : une théorie impossible ?

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« L’impasse sexuelle sécrète les fictions qui rationalisent l’impossible dont elle provient. »

Jacques Lacan (1974)

Vous vous souvenez du voyage en Amérique, au cours duquel Freud aurait dit «ils ne savent pas que nous leur apportons la peste».  Quand on se rappelle la violence des accusations portées, en Amérique, contre les thèses freudiennes et plus spécialement contre les thèses sur la sexualité féminine, car on oublie un peu vite que Freud fut l’inventeur de la jouissance vaginale, on se dit que sans le vouloir peut-être, Freud – par I.P.A. interposée – leur aura posé des problèmes pendant des décennies avec son déplacement du clitoris au vagin, considéré comme l’accomplissement d’une sexualité proprement féminine.  

Est-ce un retour du balancier ? Car aujourd’hui nous reviennent  des Etats-Unis des questions qui touchent à l’identité et qui se posaient massivement en Europe et plus singulièrement en France dans les années 70-80 et qui interpellaient à cette époque des psychanalystes Lacan par exemple et des philosophes comme Deleuze et Foucault. Ces questions issues de ce que l’on a appelé la révolution sexuelle, impliquaient la subjectivité et le champ politique.

Qu’est-ce qu’être un homme ? Est-il naturel d’être une femme ? Qu’en est-il du corps et de la jouissance ? La sexualité a-t-elle une histoire ? Les pratiques sexuelles transforment-elles la pensée ?  Il ne se passe pas une semaine qu’un sujet de cet ordre ne soit discuté dans les médias. On lit désormais sous la plume de scientifiques autorisés, de juristes, des points de vue en rupture avec ce qui constitue les idées dominantes en la matière. En revanche peu d’études sur la question de l’homoparentalité  et ses incidences sur l’élevage d’un enfant, à part celle de l’American Academy of pediatrics (AAA) qui regroupe près de 60 000 pédiatres qui nous apprend que les études empiriques relatives aux enfants élevés par des parents de mê­me sexe réalisées à ce jour ne sem­blent pas montrer qu’il existe des dif­férences significatives du point de vue émotionnel, cognitif, social ou sexuel entre eux et les enfants de couples hétérosexuel, eh bien à part cette étude on n’a pas grand chose .

En France  il n’y a pas de recherches financées ou très difficilement car c’est préjudiciable à une carrière universitaire potentielle, il n’y a pas d’intérêt là-dessus au sein du Conseil national universitaire, les doctorants parfois maquillent de façon très neutre le thème de leurs recherches, genre « le travail éducatif des parents » ! Les recherches sur la pédagogie pullulent le champ de la parentalité est déserté.

 

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