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Christiane Lacôte-Destribats – Critique de la notion d’expérience

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Pourquoi ce titre « La critique de la notion d’expérience »?

Eh bien, c’est parti de plusieurs lectures que j’ai pu faire, lectures de psychanalystes, de textes psychanalytiques contemporains où je trouvais que le cours et la fin de cure se posaient sur un mode tout à fait contestable. Ce mode était celui- ci : pour un patient, sa souffrance, sa recherche de guérison, ses mots peu à peu égrenés sur le divan, c’était, après tout, disaient ces psychanalystes, leur expérience, ou son expérience. Je trouvais que c’était une réflexion un peu courte. Alors, de dire un patient ou de penser après tout sa cure, sa vie, ce qui s’y passe, c’est son expérience, cela a le mérite de ne pas mettre un idéal, un but inaccessible à cette cure ; ça, c’est vrai. Mais d’où viendrait cette validation d’une sorte d’appropriation de soi–même, fort à la mode aujourd’hui ? D’où ça viendrait ? De l’analyste ? Qui validerait cela, ou aiderait à la validité, à la valider ? Vous voyez, j’allais dire vanité. Ça viendrait de quoi ? D’un compassionnel, d’une attitude compassionnelle fort à la mode aussi ? Qui n’oserait pas trop toucher au symptôme et aux défenses diverses ? Parce qu’elles formeraient quelque chose qu’on respecte peut-être un peu trop aujourd’hui, c’est-à-dire une personnalité, hein, ou encore la singularité de quelqu’un. Il  y a une phrase de Lacan tout à fait juste qui dit que la notion de personnalité est d’abord une notion paranoïaque. C’est aussi le titre de sa thèse, 1932. C’est fort juste. C’est-à-dire qu’aujourd’hui on a le culte de soi-même, le culte du bien être, il faut à la fois s’éclater, jouir de tout, sinon on manque vraiment à ses devoirs de jouissance, et accomplir ce qu’on appelle sa personnalité. Alors ça pose une question que Lacan dise que c’est une notion qui signe la paranoïa.

 

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