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Jean-Louis Rinaldini / Lacan dans le rétroviseur

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Exposition LACAN au Centre Pompidou à Metz jusqu’au 27 mai 2024

La figure de Jacques Lacan (1901-1981) est, avec celles de Roland Barthes, Michel Foucault, Jacques Derrida et Gilles Deleuze, essentielle pour comprendre notre modernité. Si des hommages et des expositions ont déjà considéré toutes ces figures intellectuelles, la pensée de Lacan reste à ce jour, sur le plan muséal, ignorée, alors que ce dernier entretient une relation très forte avec les œuvres d’art, jusqu’à acquérir le célèbre tableau de Gustave Courbet, L’Origine du monde.

Lacan n’a-t-il pas déclaré dans un texte consacré à l’œuvre de Marguerite Duras que « L’artiste toujours précède le psychanalyste et qu’il n’a donc pas à faire le psychologue là où l’artiste lui fraie la voie » ? Plus de 40 ans après la mort du psychanalyste, il est donc urgent d’envisager une exposition liée aux relations privilégiées de Jacques Lacan avec l’art, en mettant en résonance à la fois les œuvres qu’il a lui-même indexées, mais en mettant aussi en perspective les œuvres modernes et contemporaines pouvant faire écho aux grandes articulations conceptuelles et signifiantes de sa pensée.

Bien que se revendiquant dans la lignée de Sigmund Freud, Lacan ouvre un champ novateur et subversif qui s’inscrit au cœur de notre modernité et de notre actualité. On se débat aujourd’hui avec des problèmes de sexe, d’amour, d’identité, de genre, de pouvoir, de croyances ou d’incrédulité, autant de questions sur lesquelles Lacan a apporté non pas des remèdes, mais des repères, surprenants parfois, mais délibérément précieux. Lacan est le penseur de fulgurants postulats qui, au travers de leurs accents provocateurs et humoristiques, ne peuvent laisser indifférent : « Il n’y a pas de rapport sexuel », « La femme n’existe pas », « Les non-dupes errent », « Je dis toujours la vérité : pas toute, parce que toute la dire, on n’y arrive pas », « L’inconscient est structuré comme un langage ».

L’exposition est à voir et à comprendre comme une errance à travers des notions spécifiquement lacaniennes (le Miroir, la Lalangue, le Vide, le Trou, le Rien, l’Objet, le Regard, la Voix, le Nom-du-Père, etc.), ponctuée de références artistiques directes (Diego Vélasquez, Hans Holbein, Francisco de Zurbarán, Salvador Dalí, Marcel Duchamp) et indirectes (la rencontre de ces notions avec des œuvres d’art de notre temps). Les principales étapes de la vie de Lacan sont évoquées, ainsi que ses relations avec les surréalistes (Salvador Dalí, André Masson, Georges Bataille, Pablo Picasso, Dora Maar) et avec les figures intellectuelles qu’il a côtoyées (Alexandre Kojève, Maurice Merleau-Ponty, Roman Jakobson, Claude Lévi-Strauss, Martin Heidegger, et tant d’autres).

Lacan a fréquenté au plus près l’art et les artistes du XXe siècle, et n’a cessé de plonger dans l’art de tous les temps dans son enseignement. Il n’a pourtant pas tenu un discours sur l’Art, il a regardé les œuvres comme des puissances capables de donner à voir et de penser le monde. Comme la psychanalyse. Faire une exposition Lacan, ce n’est donc pas pour interpréter l’art par la psychanalyse. Il s’agirait plutôt d’interpréter la psychanalyse par l’art. Non seulement l’art, ça regarde la psychanalyse, mais l’art serait une voie royale de la psychanalyse. (Texte à retrouver dans la Newsletter de la FEP).

À écouter sur France culture

Mon passage en ce monde au nom de Lacan

Jusqu’au 27 mai 2024, se tient donc au Centre Pompidou de Metz l’exposition « Lacan » sous-titrée « Quand l’art rencontre la psychanalyse ». Un excellent prétexte pour réécouter le célèbre psychanalyste et ses contemporains à travers une sélection d’archives proposée par Albane Penaranda. (Jacques Lacan le 1er novembre 1976 ©Getty – Maurice Rougemont)

Au fondement de l’enseignement de Jacques Lacan : le Discours de Rome en 1953

Le « Discours de Rome » prononcé en septembre 1953 par Jacques Lacan, constitue un moment décisif dans l’histoire de la psychanalyse française. Jacques Lacan en rappelle les points fondamentaux dans l’émission « Sciences et techniques », le 2 décembre 1966 sur France Culture. (Œuvre d’art mixte représentant un visage humain sur un fond abstrait coloré ©Getty – ivetavaicule/DigitalVision Vectors)

Profils perdus 1/2 – Jacques Lacan, figure perturbatrice, novatrice et charismatique de la psychanalyse

En 1991, dix ans après sa mort, Cécile Hamsy consacre deux numéros de « Profils perdus » à Jacques Lacan. Dans cette première partie, la productrice a recueilli les témoignages de psychanalystes, écrivains et philosophes sur leurs relations avec cette figure mythique de la psychanalyse. (Jacques Lacan durant un cours à la Sorbonne le 15/09/1975 ©Getty – Edoardo Fornaciari)

Alice (au pays des merveilles) sur le divan de Jacques Lacan

Le 31 décembre 1966, sur France Culture le psychanalyste Jacques Lacan examine les aventures d’Alice au pays des merveilles, le célèbre roman de Lewis Carroll publié en 1865. C’est l’émission « Analyse spectrale d’Alice », une invitation à suivre le lapin blanc et à traverser le miroir. (Illustration d’Alice aux pays des merveilles ©Getty – John Tenniel)

Jacques Lacan à l’écoute de l’inconscient

Le Dr Jacques Lacan s’entretient en février 1967 dans l’émission « Les idées et les jours » avec le philosophe et éditeur François Wahl. Entretien réalisé à l’occasion de la parution des « Écrits » de Jacques Lacan, aux éditions du Seuil. (Enfants nageant dans la tête de la piscine ©Getty – CSA-Printstock/DigitalVision Vectors/United States)

Robert Georgin, Jacques Lacan, Sigmund Freud et l’inconscient

Dans cet épisode de « Sciences humaines aujourd’hui » diffusé en 1976, Robert Georgin expose ce qu’a été « la seconde révolution freudienne » initiée par Lacan dans les années cinquante. On y entend aussi Jacques Lacan sur les sources de la pensée freudienne et la structure de l’inconscient. (Cerveau puzzle ©Getty – Eekhoff Picture Lab)

On ne perd pas son temps à écouter Lacan

Dans le cadre de ses activités à la radio, Robert Georgin réalise de nombreux entretiens importants. Celui-ci est resté l’un des plus célèbres. Il s’agit des sept questions qu’il pose à Jacques Lacan et dont les réponses constituent l’émission « Radiophonie » diffusée les 7 juin et 29 novembre 1970. (Vieux poste de radio ©Getty – Jonathan Kitchen)

Jacques Lacan et le 28e Congrès International de Psychanalyse

Dans le cadre d’un « Après-midi de France Culture » en 1973, Nadine Nimier rend compte du 28e Congrès International de Psychanalyse qui se tient alors à Paris. Une table ronde, des reportages et un entretien exceptionnel avec Jacques Lacan, grand absent du colloque, ponctuent cet après-midi. (Homme sur un divan ©Maxppp – Téo Lannié / AltoPress)

Profils perdus 2/2 – Jacques Lacan, géant de la psychanalyse

En 1991, dix ans après sa mort, Cécile Hamsy consacre à Jacques Lacan un numéro de « Profils perdus » en deux parties. Dans ce second épisode, la productrice recueille les souvenirs de ceux qui l’ont côtoyé, dont Anatole Dauman, célèbre producteur du film « L’empire des sens » de Nagisa Ōshima. (Jacques Lacan, psychanalyste – Paris. 1976 ©Getty – Maurice Rougemont)