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Jean-Paul BEAUMONT – Présentation de la journée Kant avec Sade

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L’éthique des anciens visait à l’intégration heureuse à un monde entièrement déchiffrable par des signes. On pourrait la dire symbolique.

L’éthique moderne consiste à ne rien dire qui puisse porter atteinte à l’image d’autrui puisque c’est à partir d’elle que s’est construite la mienne. Voilà qui est politiquement correct, mais d’extension en extension, comme je finis par me reconnaître dans l’animal, voire dans la plante, il semble que ce soit une éthique toute en reflets, et on pourrait souvent la dire imaginaire.

L’éthique de la psychanalyse, que développe Lacan dans son séminaire de 1959-1960 et dans « Kant avec Sade » est une éthique pas moins exigeante, mais basée, et c’est une proposition forte, sur le réel.

L’article est brillant et rappelle la définition que Lacan donne de l’écrit : « le resserrement [du texte] à mon gré ne doit laisser au lecteur d’autre sortie que son entrée, que je préfère difficile ». Si l’on comprend bien, cela veut dire que comme un texte scientifique, il y a une seule manière de le lire. Aussi devons-nous nous attacher avec d’autant plus d’attention à ces pages que Lacan considérait comme importantes, puisque c’est l’un des textes auquel il se réfère le plus.

Il se présente comme préface d’une édition de La philosophie dans le boudoir, et cette adresse est sûrement la raison pour laquelle Lacan s’interdit ici de parler explicitement de perversion ou de névrose. Cette préface, probablement jugée illisible par l’éditeur, ne figure pas dans le tome correspondant et a été publiée par la revue Critique en 1963 (on y trouve incidemment l’évocation d’un article de Renan refusé par un directeur de revue obtus) puis reprise avec des modifications notables dans Écrits en 1966. Enfin de nouveau corrigée pour une nouvelle édition de Sade.

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