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Marika Bergès-Bounes : Historique de la psychanalyse d’enfant et fondamentaux

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La psychanalyse d’enfants est une science jeune : Freud ne s’est pas tellement intéressé aux enfants, à part le fameux petit Hans – qu’on va travailler d’ailleurs cette année à l’ALI – qu’il n’a vu qu’une fois ; en fait il suivait son père qui lui parlait de son fils phobique.

La psychanalyse d’enfants est tout à fait jeune et ce sont les post-freudiens qui s’en sont occupés. À l’époque l’enfant n’était pas une personne à part entière comme maintenant, c’était une personne à dresser, ou bien un adulte en miniature, et c’est quand même Freud et la psychanalyse qui a fait de l’enfant une personne à part entière, douée de raisonnement et d’intelligence. C’est aussi la période où Jules Ferry, on l’oublie toujours, en 1882, a rendu l’école obligatoire, c’est-à-dire qu’en fait tous les enfants non seulement pouvaient savoir, mais étaient obligés de savoir. On sortait donc l’enfant de l’ignorance, car c’est aussi l’époque où les enfants allaient travailler très tôt, donc savaient un minimum de choses, pas forcément lire et écrire.

C’est donc la période où on a considéré que l’enfant avait le droit de savoir, qu’il n’était pas un petit animal et qu’il n’avait pas à être dompté, mais qu’il était un sujet, on a fait l’hypothèse qu’il était déjà un sujet capable de penser, de parler, de comprendre. Actuellement, l’enfant a été placé au centre de la famille. C’est-à-dire que de ce quelque chose qui était complètement à l’extérieur, il est passé au centre de la famille, il porte sur les épaules les idéaux et les attentes des parents, et il est la courroie de transmission de l’héritage, c’est-à-dire qu’actuellement l’enfant a un statut tout à fait particulier : d’une part il a droit au bonheur, mais de plus en plus il doit être performant, c’est-à-dire bien travailler, montrer de quoi il est capable dans les évaluations. Donc à la fois il a un statut d’enfant auquel on donne à peu près tout ce qu’il a envie d’avoir, et en même temps finalement on le traite un peu comme un adulte, dans une société consumériste.

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