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Y A-T-IL QUELQU’UN QUI PUISSE « DIRE QUE NON » DANS L’AVION ? – Robert Lévy

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« Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leur parole, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne, alors c’est la en toute beauté et en toute jeunesse le début de la tyrannie ».

 

PLATON (429-347 av JC 5 extrait de LA REPUBLIQUE)

Tout d’abord deux questions :

La première : qu’est-ce qu’une mère ?

Je reprendrai volontiers la définition de Winnicott (L.E. Prado de Oliveira, La haine en psychanalyse, p.55, Liber, 2018) : « quelqu’un capable de haïr sans détruire … »

La seconde : qu’est-ce qu’un père ? Je proposerai :

«Quelqu’un qui puisse dire que non ».

Evidemment, notre contemporanéité nous oblige à reprendre ces questions dans une perspective moins – ou plus du tout – genrée.

En effet, la famille du style bourgeoisie du XIXe a fait long feu et même chez ceux qui se définissent encore dans un repérage « différence des sexes », le genre n’influe plus autant, voire plus du tout, dans la répartition des attributions de ce qui est la tâche attendue d’un père et de celle attendue d’une mère.

Je ne développerai pas plus aujourd’hui cet aspect, mais je signale simplement que notre clinique actuelle nous oblige à revoir les catégories qui pouvaient être celles avec lesquelles nous avions travaillé auparavant.

Il est clair que l’apport de Lacan dans cette matière est considérable et que la répartition proposée des catégories de la sexuation est d’un grand éclairage quant à nos repérages actuels, notamment en ce qui concerne la question des jouissances côté homme et côté femme.

Si la fonction paternelle est bien celle qui trouve son ancrage dans les lois du langage qui régissent le rapport à la parole et au discours, il faut bien par conséquent qu’il y en ait au moins un qui puisse ‘dire que non ‘pour qu’il y ait efficience de cette fonction pour un enfant …

Je me cantonnerai aujourd’hui à développer la question de ce père-là, celui qui se définit par sa fonction.

A ce titre, je dois dire mon grand scepticisme sur le prétendu « déclin du père ou de sa fonction » ; Y croire serait confondre, à mon sens, la fonction paternelle avec le père de la bourgeoisie.

En revanche, il y a toujours difficulté pour que quelqu’un assume cette fonction auprès d’un enfant ; cela n’a rien d’actuel, et toujours existé en raison des difficultés spécifiques que requiert cette énonciation d’un « dire que non », à différencier bien sûr de la censure, du « dire non » banal et surtout de l’autoritarisme du père violent dont le père de Schreber est une figure paradigmatique …

La question est toujours la même au fond, lorsqu’une famille s’adresse à nous pour des difficultés dont le symptôme supporté par l’enfant témoigne d’une forme de discrédit de la parole …

Un discrédit dont on perçoit souvent très vite qu’il est le résultat de cette difficulté d’une mise en place de la fonction paternelle.

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