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Jean-Marie Fossey (sous la direction de) / Violence et passage à l’acte : Ce que les psychanalystes en disent

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Publication des actes du colloque FEP de Caen octobre 2022

L’actualité de la guerre, de la criminalité, des répressions d’État, des violences sexuelles, de l’insulte, de l’humiliation, du mépris s’affichent à la une des journaux. Ces violences, sont-elles plus importantes aujourd’hui qu’hier ? Sans doute pas.

Violences collectives, individuelles, notre actualité montre l’ampleur du phénomène. La violence traverse le temps, les cultures, les groupes sociaux et, partant, la vie psychique de chacun. Pourquoi ce besoin de détruire, jusqu’à la barbarie, dont la philosophe Simone Weil soulignait le caractère permanent et universel ? Philosophie, droit, sociologie apportent leurs réponses. Mais nul n’entend comprendre cet étrange besoin sans la lecture freudienne de la pulsion. Comment interpréter la brutalité de la violence {violences sexuelles, offense, haine) sans l’hypothèse de l’inconscient, du narcissisme, de la jouissance, des fantasmes, du désir ? S’appuyant sur Freud et le malaise dans la culture qu’il décrivait en1930, Michele Marzano écrit dans le Dictionnaire de la violence qu’elle a dirigé : « La violence, en effet, ne vient pas toujours de l’autre ; ce n’est pas l’autre du seul fait qu’il est autre, qui est violent. Chacun porte en soi sa propre violence ». Se passer des théories freudiennes, c’est ignorer que la violence est constitutive du psychisme humain. En 2021, Gérard Pommier rappelait que la psychanalyse, en mettant au premier plan du désir inconscient, l’inceste et le parricide, fait du sujet un être qui grandit avec le crime.

La clinique met en évidence que déchiffrer et dénouer par la parole ce qui appartient aux violences et aux passages à l’acte, c’est se saisir du « ça parle à qui sait entendre ». Il peut s’agir alors d’entendre l’acte, comme expression d’une souffrance psychique, comme une parole absentée, barrée, adressée à l’autre, ou encore à l’Autre social, voire entendre l’acte sans adresse, comme pour le sujet psychotique. Pour répondre à ces questions, des psychanalystes, des philosophes et des sociologues, tous professionnels sur le terrain, comme on dit, ont dialogué et échangé lors de ce colloque organisé par la Fondation Européenne pour la Psychanalyse qui s’est tenu à Caen du vendredi 15 au dimanche 17 octobre 2022. Les points de vue originaux et l’approche plurielle pourront surprendre le lecteur. Mais ce sont assurément ces regards croisés qui permettent de saisir au mieux la richesse et le tranchant théorique de cette pratique subversive qu’est la psychanalyse. Cette prodigieuse invention freudienne qui garde toute son actualité, tant que la psychanalyse se soutient du médium qu’est la parole du patient. Lacan n’a cessé de le rappeler.

Avec des contributions de :

Christophe Bisson, Thomas Bouvatier, Gorana Bulat-Manenti, Pierre-Henri Castel, Marie Chapelle, Pascal Crété, Jeannette Abou Nasr Daccache, Dominique Delage, Nicolas Dissez, Jean-Marie Fossey, Stéphane Fourrier, Sylvain Frérot, Hélène Godefroy, Philippe Grimbert, Astrid Hirschelmann, Luis Izcovitch, Michel Leverrier, Laure Marchal, Guillaume Nemer, Daniel Olivier, Laura Pigozzi, Gérard Pommier, Nadine Proia-Lelouey, Joseph Rouzel, Corinne Tyszler, Jean-Jacques Tyszler, Nadia Veyrié