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Daniel Cassini – THE TIMES THEY ARE A CHANGIN’

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« Je ne vais pas bien mais il faut que j’y aille ». Tel est le titre d’un roman posthume, plein de fantaisie, de Maurice Roche, publié en 1977, Grand Prix de L’humour Noir et prix Paul-Vailland Couturier.

Mort il y a presque 20 ans, Maurice Roche était écrivain, compositeur, journaliste, il a collaboré notamment et régulièrement à la désormais légendaire revue Tel quel.

Ce titre « umoreu », comme écrivait Jacques Vaché, pourrait s’appliquer quasiment Tel Quel justement à la psychanalyse. En ce début de 21ème siècle la psychanalyse ne va pas bien, mais il faut qu’elle y aille – en dépit des attaques dont elle est l’objet dans les médias et les livres à scandale, boutée de surcroit hors des institutions de soins comme persona non grata.

Mais vous le savez sans doute: « Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve. »

Les dernières avancées de Lacan sur l’interprétation et la fin de cure peuvent nous mettre sur la voie d’une analyse qui, entre la transparence illusoire tant à la mode – tout dire, tout exposer, tout montrer, le comble dénié de l’opacité – et la fermeture de l’inconscient, aille, selon les termes mêmes de Lacan, au delà de l’Oedipe, plus loin que l’inconscient ; l’analyste, riche de son seul désir et « armé d’une ardente patience », se faisant jusqu’au réel de la lettre amployeur – avec un a et un e – de signifiant. Maurice Roche était ainsi passé maître dans l’art de jongler, jouer avec les mots et les lettres dans ses écrits, faisant ainsi mentir l’aphorisme de Karl Kraus selon lequel « Chaque lettre de l’alphabet peut devenir une fatalité ». Confer l’Homme aux Loups et, dans son destin, la pesanteur sexuée des lettres V et W.

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