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Charles Melman – Pas à pas : Le petit Hans en 10 épisodes

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FREUD et le petit Hans

Épisode 1 : Nous allons commencer ce soir par l’une des cinq psychanalyses de Freud, et nous allons prendre le cas du petit Hans. Autant vous dire que c’est vraiment la cerise sur le gâteau… Donc pour notre prochaine rencontre, vous pourrez avoir lu et relu ce cas, et également vous être intéressés, de façon anticipée, à la manière dont Lacan l’analyse dans son séminaire sur La relation d’objet ; et vous aurez le plaisir de voir, également, de quelle façon entre ce texte de Freud, l’analyse de Lacan et ce que, grâce à lui, nous pouvons en dire aujourd’hui.  Lire la publication complète

Épisode 2 : Nous allons aujourd’hui nous enfoncer plus profondément dans les mystères du petit Herbert Graf. Comme vous l’avez vu la dernière fois, il s’agissait pour le papa, répondant à la demande de Freud, de vérifier in vivo la justesse de ses thèses concernant la sexualité infantile. Non pas donc par reconstitution à partir des analyses d’adultes, mais par observation directe chez l’enfant. Et il est assez remarquable, je dirais, assez stupéfiant que, dans ce qui était déjà le vingtième siècle, notre vingtième siècle ait pu encore rester dans la méconnaissance absolue de la sexualité de l’enfant, ce qui témoigne bien que notre rapport à la sexualité a tout de même quelque chose d’un petit peu odd, d’un petit peu… j’ai pas dit odieux, j’ai dit oddLire la publication complète

Épisode 3 : La gageure est donc ce soir de traiter l’essentiel des soixante pages qui constituent le paragraphe numéro deux Histoire de la maladie et analyse et vous allez voir, à votre stupéfaction, combien c’est facile et agréable.

C’est facile et agréable parce que vous allez y voir, au moment de la constitution des théories sexuelles de cet enfant, de cet enfant intelligent, vous allez assister au foisonnement des thèses les plus imaginaires, normales donc, je veux dire qui ont la caractéristique non seulement d’être propres potentiellement à chaque enfant mais qui en outre ont ici le mérite d’être successivement reprises par les honorables adultes et savants qui entourent cet enfant et qui vont à chaque fois, à partir de ces constructions à proprement parler imaginaires, essayer de construire une interprétation qui soit efficace sur le symptôme du petit Hans. Et à la limite vous pourrez vous dire en lisant ce chapitre que vous y trouvez la matrice, avec ces thèses imaginaires, des diverses écoles psychanalytiques qui peuvent se construire à partir de chacune de ces thèses ; il n’y a aucune raison pour que quelqu’un qui se sente quelque charisme ne puisse, à partir d’une de ces thèses, construire le type d’élaboration auquel vous allez assister. Lire la publication complète

Épisode 4 :  Nous sommes en 1909 ; en 1905 il a publié les Trois essais sur la sexualité et dont l’un des essais porte sur la sexualité infantile. 1909, il s’agit donc cette fois-ci d’illustrer ses thèses par l’examen direct, in vivo, de l’enfant et tout ce qu’il apporte, à propos de cette sexualité infantile, 1909 après 1905, est absolument un choc dans la culture, puisque personne n’a osé auparavant, et quel que soit le lieu, quel que soit le degré de culture, quelle que soit la religion, quel que soit le niveau de la science, personne n’a osé évoquer le fait qu’il y ait une sexualité infantile. Alors que, bien évidemment, l’observation directe pouvait largement le justifier et il est évident d’autre part que ce n’était pas politiquement correct puisque vouloir ainsi polluer l’innocence propre à l’enfant est une opération qui ne pouvait paraître que dégradante aux gardiens de la culture. C’est pas beau quand même d’aligner ainsi l’innocence de l’enfant. Mais même faire pire, c’est-à-dire montrer que la sexualité se mettait en place dans l’enfance, et que c’est ensuite cette sexualité infantile qui allait commander la vie adulte, alors là, ça c’est quand même charrier. Lire la publication complète

Épisode 5 : Le départ de cette leçon 11 nous permet d’aborder cette question du Symbolique par l’une de ses conséquences, théorisée classiquement par le terme de frustration, étant au principe de la théorisation de l’époque que les névroses sont liées à la frustration qu’un sujet est susceptible de rencontrer de la part de l’environnement, que celles-ci suscitent chez lui de l’agressivité et du même coup une régression. Là où on l’attendait adulte, la frustration rencontrée dans sa relation à l’environnement, va provoquer chez lui ces deux temps et donc l’amener à actualiser une névrose témoignant de sa stase à une époque infantile, à un âge infantile. Cette théorie de la frustration, agressivité, régression était une espèce de lieu commun, que vous retrouverez si vous allez chercher dans les articles, dans les travaux, dans les conférences des psychanalystes de l’époque. Lire la publication complète

Épisode 6 : L’axe général de cette leçon consiste à dire que les premières relations qu’a l’enfant avec ses parents et, en particulier sa mère, ses premières relations sont d’emblée organisées sur la question de l’appartenance et de la répartition phallique dans une relation qui se trouve réglée par l’imaginaire. Autrement dit relation en miroir impliquant donc la confrontation entre l’enfant et sa mère et l’exposition à un risque permanent qui est que son absence puisse être sans retour.  Autrement dit, ce n’est pas parce qu’il ne la voit pas que néanmoins il dénie son caractère phallique éminent « voire premier » dans l’économie familiale. Dans ce premier temps ce qui est tout de même là encore intrigant est que cette relation semble située dans l’axe qui lie le petit Hans avec sa mère mais, Lacan place cette relation sous le signe d’un tiers qu’il appelle « le grand Autre » et qui est là supposé être le témoin – c’est très étrange – le témoin de cette relation. Lire la publication complète

Épisode 7 : Vous avez d’abord, à cette « Leçon XII » – que nous allons suivre pas à pas, nous n’allons rien laisser de côté – vous avez d’abord ce tableau, étrange et auquel, de façon tout-à-fait normale, vous n’avez rien compris. Vous avez d’abord ce tableau, qui anticipe ce que seront les nœuds borroméens mais qui l’ignorait à l’époque. Ce tableau est constitué par une combinatoire, celle du Réel, du Symbolique et de l’Imaginaire. Rappelons en passant qu’à la lecture du cas du Petit Hans vous avez pu remarquer, vous avez sûrement pu être sensibles au fait que les diverses représentations qui étaient données, à la fois du pénis, du sexe féminin, de la  castration, de l’Œdipe, etc., étaient manifestement, ne pouvaient que laisser une impression de confusion, y compris d’ailleurs avec des conséquences pour le Petit Hans qui sont assez connues ; conséquences, dont il sera souligné dans cette leçon que l’Œdipe ne suffit pas pour assurer l’identité sexuelle. Lire la publication complète

Épisode 8 : Nous allons faire, ce soir, un étrange parcours dans le séminaire numéro treize, la leçon numéro treize, que je vous propose de démarrer – nous prendrons le début ensuite – sur ce que va être de façon extrêmement précise les définitions de père réel, symbolique et imaginaire, pour se conclure, ce chapitre, sur une interprétation très lacanienne et très surprenante concernant la genèse de la phobie du petit Hans. Interprétation très lacanienne et surprenante dans la mesure où il est traditionnel que nous accordions le privilège au récit des évènements, à leur succession ; c’est ce qu’on appelle l’histoire d’un cas. Alors que nous allons avoir la surprise, et je crois qu’elle mérite d’être appréciée comme telle, nous allons avoir la surprise de voir que la genèse de la phobie est attribuée à un évènement survenu chez le petit Hans, et dont, je dirais, nous ne saurions, et Freud pas davantage, apprécier toute l’importance que lui donne Lacan. Lire la publication complète

Épisode 9 : A la recherche permanente du sens à laquelle se soumet Freud vient se substituer chez Lacan une pure combinatoire entre père symbolique, père réel, mère symbolique, père imaginaire, une pure combinatoire. Autrement dit, une sortie du récit, de la narration, du caractère romanesque, si je puis dire, donné à l’explication de la mise en place de la phobie du petit Hans pour rendre compte d’un jeu purement de structure. Et, il est évident que d’un point de vue purement méthodologique, c’est non seulement d’une originalité entière mais c’est également, je dirais, ce qui en quelque sorte ouvre la porte à ce qui sera beaucoup plus tard le maniement des nœuds. En tout cas, la pensée qu’un symptôme, ici en l’occurrence la phobie, puisse être déterminé indépendamment du récit et de la volonté du sujet par une pure combinatoire est d’une originalité qui mérite, je dirais, d’être soulignée. Lire la publication complète

Épisode 10 : Nous allons terminer en beauté c’est-à-dire nous intéresser exclusivement aux filles, d’accord? Pour résoudre un problème dont il est vrai qu’il est rarement abordé mais comme dans cette école nous ne nous refusons rien, et bien donc nous allons traiter la phobie chez les dames, pour les dames. Ça n’est d’ailleurs qu’inaugurer ce qui quand même se fera un jour c’est-à-dire la reconnaissance du fait que la pathologie n’est évidemment pas la même selon le sexe. C’est bien normal puisque si la structure est différente, il est bien normal que la pathologie soit différente mais nous avons toujours cette excellente habitude de traiter la question à partir d’un homme abstrait, et il est tellement abstrait que finalement c’est toujours le même. Et donc on ne parle jamais des dames comme il faudrait. Lire la publication complète