
Que l’on ne se trompe pas sur l’équivoque de notre question. Bien que formulée au tournant du XXe siècle, la pensée de Sigmund Freud demeure un outil d’une pertinence inestimable pour déchiffrer les complexités de notre époque. Son apport ne se limite pas à la clinique, il irrigue notre compréhension de la société moderne.
En révélant que « le moi n’est pas maître dans sa propre maison », Freud a brisé le mythe d’un individu entièrement transparent à lui-même et guidé par la seule raison. À l’ère des algorithmes et de la surinformation, cette intuition nous rappelle que nos choix, nos consommations et nos comportements numériques restent profondément dictés par des forces souterraines, des biais affectifs et des désirs inconscients. Dans ses écrits sociologiques, Freud a magistralement analysé comment les individus abdiquent leur esprit critique au profit d’un leader ou d’un groupe. Ce décryptage des dynamiques de foule éclaire crûment la polarisation actuelle des débats, la résurgence des populismes, où l’identification à la communauté l’emporte souvent sur la vérité factuelle.
Freud a démontré que la civilisation exige un renoncement pulsionnel constant pour maintenir l’ordre social, générant en contrepartie un « malaise » chronique. Notre monde contemporain, hyperconnecté, mais paradoxalement marqué par une recrudescence de l’anxiété, de la dépression et des violences systémiques, illustre parfaitement ce coût psychologique de la modernité. Contre une époque qui exige l’évaluation permanente, la rentabilité de l’esprit et la réponse immédiate, l’éthique freudienne maintient la valeur de la lenteur. La cure par la parole reste un espace de résistance unique où la souffrance n’est pas traitée comme un simple dysfonctionnement à corriger, mais comme un langage à déchiffrer, redonnant à l’humain sa part de singularité irréductible.
Rappelons-nous que Freud, aux côtés de Nietzsche et Marx, fait partie des « maîtres du soupçon » qui ont appris à l’humanité à douter des évidences et à chercher le sens caché derrière les apparences.
Comme le souligne Jean-Jacques Tyszler, « l’heure n’est plus à une seule psychanalyse en cabinet. Face aux malaises nouveaux, il nous faut participer de tous les actes de résistance dans les espaces de la Cité ouverts à la psychanalyse ».
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Une création originale imaginée par des psychanalystes, interprétée par les comédiens de la compagnie « Art’Scène 06 ».

Cette pièce de théâtre loufoque et corrosive met en scène le procès fictif de la psychanalyse et de son fondateur, Sigmund Freud. Il est mort depuis 1939. Le procès, lui, n’a jamais cessé. Témoins célèbres et improbables – Socrate, Œdipe, Marie Bonaparte ou encore le Symptôme lui-même – viendront défendre ou accuser l’héritage de Freud. Entre humour, philosophie et réflexion sur la folie, la science et la liberté, ce procès interroge notre rapport à la vérité et à l’inconscient. Une pièce drôle, décalée et engagée qui fait dialoguer le théâtre, la pensée et le rire. La représentation sera suivie d’un débat.
SOCRATE : Angelo Cimino ŒDIPE : Cyril Cseke SYMPTÔME : Johan Cseke MME GULUBRE : Marie-Christine Neveu MARIE BONAPARTE : Mireille Grazi SCHREBER : Fabrice Allia GREFFIERE : Nury Stern LE PROCUREUR: Catherine Peduzzi L’AVOCAT : Liliane Freyssenede FREEMAN : Elvira Hoffmann MOI/CA/SURMOI : Cyril / Marie-Christine / Elvira
La création théâtraleFREUD EN PIÈCESamedi 7 novembre 2026 | 15hLieu : Centre culturel La Providence8, rue St Augustin 06300 – NICETél. : 04 93 80 34 12 | ![]() |
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