Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

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AFFECT

 

AFFECT                                               61 157  164 171 176 180 239

 

affect L06 61 L’affect, quand on parle d’un affect inconscient, cela veut dire qu’il est perçu, méconnu ; méconnu dans quoi ? Dans ses attaches, mais non pas qu’il soit inconscient, car il est toujours perçu, nous dit-il [FREUD], simplement il a été rattaché à une autre représentation, elle non refoulée.

affect L06 143 [répartition des éléments intra-subjectifs du rêve SHARPE] D’une part dans le fantasme sadique /…/ je demanderai où est l’affect accentué? L’affect accentué – de même qu’il était dans le rêve porté sur le sujet rêvant cette forme de douleur – est incontestablement un fantasme sadique, est porté sur l’image fantasmée du  partenaire; c’est le partenaire, non pas tellement en tant qu’il soit battu qu’en tant qu’il va l’être, ou qu’il ne sait même pas comment il va l’être. Cet élément extraordinaire sur lequel je reviendrai  à propos de l’angoisse, et où déjà je vous indique cette distinction qui est dans le texte de FREUD /…/ entre ces nuances qui séparent la perte pure et simple du sujet dans la nuit de l’indétermination subjective, et ce quelque chose qui est tout différent et qui est déjà avertissement, érection, si l’on peut dire, du sujet devant le danger et qui, comme tel, est articulé par FREUD dans ISA, où FREUD introduit une distinction encore plus étonnante /…/ entre abwarten /…/ « subir », et erwarten qui est « s’attendre à ». C’est dans ce registre, dans cette gamme que se situe, dans le fantasme sadique, l’affect accentué et pour autant qu’il est attaché à l’autre, au partenaire, celui qui est en face, dans l’occasion ‘a’. En fin de compte où est-il le sujet qui en cette occasion est en proie de quelque chose qui lui  manque justement pour savoir où il est. Il serait facile de dire qu’il est entre les deux. J’irai plus loin, je dirai qu’en fin de compte le sujet l’est tellement, vraiment entre les deux [entre abwarten : subir, et erwarten : s’attendre à] que s’il y a quelque chose à quoi il soit identique, ou qu’il illustre d’une façon exemplaire, c’est le rôle d’instrument.

affect L06 157 Interpréter le désir c’est restituer ceci auquel le sujet ne peut accéder à lui tout seul, à savoir l’affect qui désigne, au nouveau du désir qui est le sien – je parle du désir précis qui intervient dans tel ou tel incident de la vie du sujet, du dé sir masochiste, du désir-suicide, du désir oblatif à l’occasion.

affect L06 157 [ANSATZ : Affects positionnels par rapport à l’être] Il s’agit de ceci qui se produit sous cette forme fermée pour le sujet, en reprenant sa place, son sens par rapport à l’être, confronte le sujet par rapport à l’être, reprenne son sens véritable, celui qui est par exemple défini par ce que j’appellerai les affects positionnels par rapport à l’être.

affect L06 157 /…/ l’affect est très précisément et toujours quelque chose qui se connote dans une certaine position du sujet par rapport à l’être /…/ en tant que ce qui se propose à lui dans sa dimension fondamentale est symbolique ; il représente une irruption du réel, cette fois fort dérangeante. Il est fort difficile de ne pas s’apercevoir qu’un affect fondamental tel que celui de la colère n’est pas autre chose que cela: le réel qui arrive au moment où nous avons fait une fort belle trame symbolique /…/ on s’aperçoit tout d’un coup que les chevilles ne rentrent pas dans  les petits trous !

affect BATTRE (FAIRE B LA Mère) L06 158 Toute colère c’est faire battre le mer [ça mousse, ça écume, écume d’où naît APHRODITE]

affect L06 164 Tout à l’heure j’ai parlé de l’affect comme concernant le rapport du sujet à l’être et le révélant. Nous devons nous demander ce qui dans cette occasion peut, par cette voie, communiquer.

affect L06 171 Et dans les jours qui auront suivi cette séance  qu’elle [Ella SHARPE] choisit parce que le sujet rapporte un très beau rêve /…/ au tennis /…/ ses partenaires habituels /…/ le raillent comme d’habitude à propos de sa partie perdue et il se met assez en colère pour prendre son adversaire au kiki et le coincer dans un coin du court, lui intimant l’ordre de ne plus jamais recommencer cette sorte de plaisanterie.

affect L06 176 Pour tout dire, /…/ il [l’avocat patient d’Ella SHARPE] est loin, et pour cause, /…/ de pouvoir reconnaître que l’Autre, pas plus que lui est châtré. Pour l’instant seulement il s’interroge – de cette innocence ou ignorance docte qui est constituée par le fait d’être en analyse – sur ceci : qu’est-ce que ce signifiant, en tant qu’il est signifiant de quelque chose dans mon inconscient /…/. 

affect L06 180 Je vous l’ai dit, le propre de tout affect, de toute cette marge, cet accompagnement, ces bordures du discours intérieur /…/ c’est que la continuité est un effet, et principalement produit par un affect. A savoir que moins les affects sont motivés, plus – c’est une loi – ils paraissent pour le sujet compréhensibles.

affect L06 239 L’enfant /…/ appréhende les objets primordiaux comme étant contenus dans le corps de la mère, ce contenant universel qui se présente à lui et qui serait le lieu idéal /…/ de ses premiers rapports imaginaires. /…/ Le rapport de l’enfant au corps de la mère, si primordial, est le cadre où viennent s’inscrire les rapports de l’enfant à son propre corps, qui sont ceux que depuis longtemps j’ai essayé d’articuler pour vous autour de la notion de l’affect spéculaire – pour autant que c’est là le terme qui donne la structure de ce qu’on appelle l’affect narcissique.

A-COSMIQUE

 

a-cosmique L09  Livre IX, 7 juin 1962.[…] la fonction de l’objet partiel ne saurait pour nous d’aucune façon être réduite si ce que nous appelons objet partiel c’est ce qui désigne le point de refoulement du fait de sa perte. Et c’est à partir de là que s’en­racine l’illusion de la cosmicité du monde. Ce point acosmique du désir, en tant qu’il est désigné par l’objet de la castration, c’est ce que nous devons préserver comme le point pivot, le centre de toute élaboration de ce que nous avons à ac­cumuler comme faits concernant la constitution du monde comme objectal.

 

a-cosmique L09 Livre IX, 13 juin 1962, p. 502-3.[…] la for­mation du canal chordal, qui se produit au niveau du noeud de Hensen, avec une façon de se prolonger latéralement, donne l’idée qu’il se produit là un processus d’entrecroisement, dont l’aspect morphologi­que ne peut pas manquer de rappeler la structure du plan projectif. […] (p. 503) Si la ligne que je trace ici sous la forme d’un entrecroisement de fibres est quelque chose que vous connaissez déjà dans le cross-cap, ce que j’entends vous signaler c’est que le point qui le termine, bien sûr, est un point mathématique, un point abstrait. […] c’est un point-trou […] c’est-à-dire fait de l’accolement de deux bords […].

 

a-cosmique L09, 27/06/62, p.542: la fonction de l’objet partiel ne saurait d’aucune façon être réduite, si ce que nous appelons objet partiel c’est ce qui désigne le point de refoulement du fait de sa perte. C’est à partir de là que s’enracine l’illusion de la cosmicité du monde. Ce point a-cosmique du désir, en tant qu’il est désigné par la castration, c’est ce que nous devons préserver comme le point pivot /…/ concernant la constitution du monde comme objectal. Mais cet objet « a », que nous voyons surgir /…/ c’est la perte de cet objet même, du membre jamais retrouvé d’Horus démembré /…/ C’est pour autant que le sujet est d’abord et uniquement /…/ coupure de cet objet, que quelque chose peut naître, qui est cet intervalle entre cuir et chair, entre Wahrnehmung et Bewusstsein [Inconscient comme sujet].

 

a-cosmique L12 16/12/64 Il y a dans la loi de Newton quelque chose d’une nature a-cosmique qui permet de se faire dans le développement de la science moderne l’ouver­ture dont il s’agit ; à savoir le cosmos lui-même est quelque chose qui dépend de la construction d’une nature parfaitement a-cosmique. C’est à ceci, à la sphère interne, que, sous le nom de réalité, nous avons à faire dans l’analyse. Réalité apparente qui est celle de la correspondance (en apparence modelée l’une sur l’autre), de  quelques chose qui s’appelle l’âme à quelque chose qui s’appelle la réalité.

 

a-cosmique L12 Livre XII, 3 février 1965, p. 103. J’avance la formule suivante, avant de la commenter nous pourrions dire que le désir est la coupure par quoi se révèle une surface comme a-cosmique […] ce terme d’a-cosmique, je l’ai sorti de plus d’un horizon  […]

 

a-cosmique L12  séminaire XII (L11, p. 28), Lacan vien­dra préciser que cette illusion, ce mirage de la cosmicité et donc de l’unité du monde, ne sert qu’à masquer le fait de la castration et le réel de la fente :Est-ce que le un est antérieur à la discontinuité ? Je ne le pense pas, et tout ce que j’ai en­seigné ces dernières années tendait à faire virer cette exigence d’un un fermé  mirage auquel s’attache la référence au psy­chisme d’enveloppe, sorte de double de l’organisme où réside­rait cette fausse unité. Vous m’accorderez que le un qui est in­troduit par l’expé­rience de l’inconscient c’est le un de la fente, du trait, de la rupture.

 

a-cosmique L18 D’un discours qui ne serait pas du sem­blant  (Livre XVIII, 12 mai 1971, p. 5.et une seconde fois dans “Lituraterre” :

 

a-cosmique L22 Livre XXII, R.S.I., inédit, sauf Ornicar? n° 2, 17 déc. 1975, p. 98.La mise au point qui résulte d’une certaine ventilation de la dite métaphore [du rapport sexuel] élaborée sous le nom de philosophie, ne va pas pour autant bien loin, pas plus loin que le christianisme, fruit de la triade qu’en “l’adorant” il dénonce dans sa vraie “nature” : Dieu est le pas-tout qu’il a le mérite de distinguer en se refusant à la confondre avec l’idée imbécile d’univers [cosmos]. Mais c’est bien ainsi qu’il permet de l’identifier à ce que je dénonce comme ce à quoi aucune ex-sistance n’est permise parce que c’est le trou en tant que tel […].

 

acéphale KS réponse à une question de Jacques-Alain Miller, que Lacan formule en 1964 :L’objet de la pulsion est à situer au niveau de ce que j’ai appelé méta­phoriquement une subjectivation acéphale, une subjectivation sans sujet, un os, une structure, un tracé, qui présente une face de la topologie. L’autre face est celle qui fait qu’un sujet, de par ses rapports au signi­fiant, est un sujet troué. Ces trous ils viennent bien de quelque part.

 

acéphalie:L08 Livre VIII, 22 mars 1961.Dans tout ce que Roger Caillois a mis l’accent sous le registre du mythe et du sacré, qui est son premier ouvrage, il ne me semble pas qu’il ait suffisamment pointé que nous sommes là dans la poésie, dans quelque chose qui ne tient pas seulement son accent d’une référence au rapport à l’objet oral tel qu’il se dessine dans la koiné de l’inconscient, la langue commune, mais dans quelque chose qui nous désigne un certain lien de l’acéphalie avec la transmission de la vie comme telle. Dans la désigna­tion de ceci : qu’il y a dans ce passage de la flamme d’un individu à l’autre dans une éternité signifiée de l’espèce, que le Lust (la joie !) ne passe pas par la tête.

 

cosmo-logique FREUD S. FREUD, Trois Essais sur la sexualité…, p.211. :”La question des origines de la vie resterait une question d’ordre cosmo-logique qui, au point de vue du but et de l’intention poursuivis par la vie, comporterait une réponse dualiste” (GW XIII 369).

 

 

ACÉPHALE

 

acéphale L02 202: Le nom est le temps de l’objet. La nomination constitue un pacte par lequel deux sujets en même temps s’accordent à reconnaître le même objet /…/ Là est le joint, la surgissance de la dimension symbolique par rapport à l’imaginaire. Dans le rêve de l’injection faite à IRMA c’est au moment où le monde du rêveur est plongé dans le chaos imaginaire le plus grand que le discours entre en jeu, le discours comme tel. Il apparaît alors que le sujet se décompose et disparaît [$]. Il y a dans le rêve la reconnaissance du caractère fondamentalement acéphale du sujet, passée une certaine limite. Ce point est désigné par le AZ de la formule de la triméthylamine. C’est là qu’est à ce moment le “Je” du sujet [kundalini]. Et ce n’est pas sans humour, ni sans hésitation, puisque celà est presque un Witz; que j’ai proposé d’y voir le dernier mot du rêve. Au point où l’hydre a perdu ses têtes, une voix qui n’est plus la voix de personne [voix off] fait surgir la formule de la triméthylamine comme le dernier mot dont il s’agit, le mot de tout. Et ce mot ne veut rien dire si ce n’est qu’il est un mot. Cela est quasi délirant .

 

acéphale L02 219: Avons-nous même à nous préoccuper de ce que c’est le sujet et par rapport à quel autre il se situe? C’est complètement inutile. L’essentiel est de quod symbolique. C’est pour le sujet comme une image en miroir, mais d’un autre ordre; ce n’est pas pour rien qu’Ulysse crêve l’œil du cyclope. Le sujet en tant qu’il parle peut entièrement trouver sa réponse, son retour, son secret, son mystère dans le symbole construit que nous présentent les machines modernes, soit quelque chose de bien plus acéphale encore que ce que nous avons rencontré dans le rêve de l’injection d’IRAM. C’est poser la question des rapports de la signification avec l’homme vivant .

 

3MA L02 190 La 3MA est un produit de la décomposition du sperme.  3MA

 

acéphale L02 200 Que se passe-t-il quand nous voyons se substituer au sujet le sujet polycéphale [Massenpsychologie]? /…/ Cela nous apparaît tout d’abord comme une abolition, une destruction du sujet en tant que tel. Le sujet transformé dans cette image polycéphale semble tenir de l’acéphale /…/ d’un sujet qui n’a plus d’ego.

 

acéphale L02 202 [& 203] [dans le rêve d’Irma] il y a la reconnaissance du caractère fondamentalement acéphale du sujet, passée une certaine limite. Ce point est désigné par le AZ de la formule de la 3MA.

 

acéphale L02 219 Le sujet en tant qu’il parle peut entièrement trouver sa réponse, son retour, son secret, son mystère, dans le symbole construit que nous représentent les machines modernes, soit quelque chose de bien plus

acéphale encore que ce que nous avons rencontré dans le rêve de l’injection d’Irma. [Ailleurs, parlant de « subjectivation a-céphale » au sujet de la pulsion, Lacan formule en 1964 ceci] :  L’objet de la pulsion est à situer au niveau de ce que j’ai appelé métaphoriquement une subjectivation a-céphale, une subjectivation sans sujet, un os, une structure, un tracé, qui présente une face de la topologie. L’autre face est celle qui fait qu’un sujet, de par ses rapports au signifiant, est u sujet truué . Ces trous ils viennent bien de quelque part.

L’OBJET “a”

 

  1. L’objet “a” E682 [le désir] c’est lui qui règle la répétition signifiante comme sa métonymie. /…/ C’est que notre modèle [optique] ne laisse pas plus éclairée la position de l’objet “a”. Car d’imager un peu d’images [iI], il [notre modèle optique] ne saurait décrire la fonction que cet objet reçoit du symbolique. Celle même qui lui donne son usage d’arme à l’avant-poste phobique [arme missile], contre la menace de la disparition du désir; de fétiche dans la structure perverse, comme condition absolue du désir /…/ “a”, l’objet du désir /…/ Ceci veut dire qu’objet partiel, il n’est pas seulement partie, ou pièce détachée, du dispositif imaginant ici le corps, mais élément de la structure dès l’origine /…/ En tant que sélectionné dans les appendices du corps comme indice du désir, il est déjà l’exposant d’une fonction, qui le sublime avant même qu’il l’exerce, celle de l’index levé vers une absence dont l’est-ce [$] n’a rien a dire [noumen], sinon qu’elle est de là où sa parle. C’est bien pourquoi, réfléchi dans le miroir, il ne donne pas seulement “”a’“,l’étalon de l’échange, la monnaie par où le désir de l’autre entre dans le circuit des transitivismes du Moi idéal. Il est restitué au champ de l’Autre  en fonction d’exposant du désir dans l’Autre.

 

  1. L’objet “a” KS 290: Conférence sur “l’Acte psychanalytique”. Le psychanalyste se fait de l’objet “a”. Se fait: à entendre: se fait produire; de l’objet “a” avec l’objet “a”. Ces propos frôlent trop l’endroit où paraissent achopper les quantificateurs logiques, pour que nous n’ayons pas fleureté leur instrument. Nous sentons l’acte psychana­lytique cèder à rompre la prise dans l’universel, à quoi c’est leur mérite de ne pas satisfaire. Et voilà qui va ex­cuser ARISTOTE d’osciller, plus généralement qu’il n’a su isoler l’upokeimenon à ne pouvoir faire que d’y ré­cupérer l’ousia  par intervalle. Car ce que cet acte aper­çoit c’est le noyau qui fait le creux dont se motive l’idée de tout, à la serrer dans la logique des quantificateurs. [desidentication? Prélèvement corporel? Le psychotique maître de la cité!]

 

  1. L’objet “a” L02 271; L14 1L3/67 LEF3 24; L15 21/2/68 166.

 

  1. L’objet “a” TÉLÉVISION: 61  L’éthos [l’habitude], comme dit ARISTOTE, n’a pas plus à faire avec l’éthique, dont il remarque l’homo­nymie sans parvenir à l’en cliver, que n’en a le lien conjugal. Comment, sans soupçonner l’objet qui à tout cela fait pivot, non eythos, mais éthos, l’objet “a” pour le nommer, pouvoir en établir la science. Il est vrai qu’il restera à accorder cet  objet du  mathème que La science, la seule encore à ex-sister: La physique, a trouvé dans le nombre et la démonstration.

 

  1. objet “a”, L06 11/6/59 9: Cette assise d’un sujet-fait-savoir dans un champ qui est celui de l’Autre et son rapport avec ce quelque chose qui fait creux au niveau du corps: telle est la première ébauche qui /…/ fonctionne comme objet “a”, qui est cette structure même dont nous puissions dire au regard de ce corps vide, pour faire fonction de signifiant, il y a ce quelque chose qui peut s’y mouler et cette métaphore nous aidera à concevoir comme statue /…/ ce qui au niveau du pervers vient à fonctionner comme ce qui restitue comme plénitude, comme A sans barre, ce grand “A”.

 

  1. L’objet “a” L07 Livre VII, p. 75. [en tant que “grumeau de la représen­tation” (Vor-Stellung) se pose et s’oppose au sens où il objecte, (Gegen-stand) l’objet “a”]. En voici une première approche phénomé­nologique. L’objet “a” est quelque chose dont le sujet, pour se constituer, s’est sé­paré comme organe. Ça vaut comme symbole du manque, c’est-à-dire du phallus, non pas en tant que tel, mais en tant qu’il fait manque. Il faut donc que ce soit un objet  premièrement séparable,  deuxième­ment, ayant quelque rapport avec le manque.

 

  1. L’objet “a”         L09, 20/06/62, p.528.

 

  1. L’objet “a” L09 27/6 535  C’est au point où toute si­gnifiance fait défaut, s’abolit, au point nodal dit le “désir de l’Autre”, au point phallique, pour autant qu’il signifie l’abolition comme telle de toute signifiance, que l’objet “a”, objet de la castration, vient prendre sa place. Il y a donc un rapport au signifiant /…/ le signifiant n’est pas le signe; et l’am­biguïté de l’attribut aristotélicien c’est justement de vouloir le neutraliser, en faire un signe naturel: toute chatte tricolore est femelle.

 

  1. L’objet “a” L10 (L’Angoisse) 26/03/63 7: ‘a’ pour l’homme n’a de sens que quand il a été reversé dans le vide de la castration primordiale [nœud du désir mâle avec la castration; à parti ou ‘a’ se détache, tombe de i(a) l’image narcissique: bord du vase]

 

  1. L’objet “a” L12 Livre XII, 7 janv. 1965. EPISSURE (S#I) :Dans le rapport du sujet à l’Autre, dans les rapports de l’Un avec les au­tres, nous avons appris à distinguer […] une fonction de mirage essen­tielle. […] Nous savons que l’échec jusqu’ici pour toute éthique (et se­condairement pour toute philosophie subjective) de maîtriser ce mirage est dû à la méconnaissance de ce autour de quoi il se règle invisible­ment, la fonction objet “a”, en tant que c’est elle (dans son ambiguïté de bien et de mal) qui réellement centre tous ces jeux.

 

  1. L’objet “a” L12 17/3/65, p.9: Que ce soit le seul point, le seul temps, où converge (en l’expliquant) la jonction de la demande et du transfert, que dans la tromperie du transfert ce dont il s’agit c’est de quelque chose qui, à l’insu du sujet, tourne autour, veut capter (de quelque façon qui est imaginaire ou agie), que ce soit là le terme et la commune mesure autour de quoi fonctionne tout le niveau dit de la frustration, c’est ce qu’il s’agit de poser, de façon qui permette, à partir de là, de distinguer ce que l’expérience peut nous permettre actuellement d’entériner concernant l’origine, par quelle porte est venue la fonction du petit « a ».

 

  1. objet “a” L12 7 janv. 1965. EPISSURE (S#I) : Dans le rapport du sujet à l’Autre, dans les rapports de l’Un avec les au­tres, nous avons appris à distinguer […] une fonction de mirage essen­tielle. […] Nous savons que l’échec jusqu’ici pour toute éthique (et se­condairement pour toute philosophie subjective) de maîtriser ce mirage est dû à la méconnaissance de ce autour de quoi il se règle invisible­ment, la fonction objet “a”, en tant que c’est elle (dans son ambiguïté de bien et de mal) qui réellement centre tous ces jeux.

 

  1. L’objet “a”. L14 26/4/67 LEF4 22 Et dans SOPHOCLE cette fuite de tous les souvenirs qui s’image dans la fuite du serviteur témoin du crime, n’est-elle pas faite pour évoquer  quelque chose? Pourtant Jocaste finit bien par s’écrier: “Infortuné, puisses-tu ne jamais connaître qui tu es” . Jocaste le sait . Mais qu’est Jocaste? Eh bien, pourquoi pas le mensonge incarné en ce qui concerne l’acte sexuel /…/ Dans ce champ X, entre petit <<a>> et le lieu de l’Autre, la vérité ne peut se faire entendre

 

  1. L’objet “a” L15 20/3/68, 230-1: C’est en tant que le partenaire est celui qui s’est trouvé remplir, de la structure instituée de l’acte, la fonction [d’objet “a” /…/ c’est en tant que c’est autour de cette fonction  /…/ qu’ pu se réaliser l’essence de ce qu’il en est de la fonction  (S barré), à savoir de l’impuissance de savoir . Est-ce que j’évoquerai là la dimension analogique qu’il y a, dans cette répartition, avec l’acte tragique /…/ dans la tragédie il y a quelque chose d’analogue /…/ je veux dire que le héros, tout un chacun qui dans l’acte s’engage seul, est voué à cette destinée de n’être [naître] enfin que le déchet de sa propre entreprise . /…/ Mais tout de même, /…/ ne confondons pas le fiction tragique -je veux dire le mythe d’Oedipe, d’Antigone, par exemple-, avec ce qui est vraiment une acception, la seule valable, fondée de la tragédie, à savoir la représentation de la chose [pragma] .

 

  1. L’objet “a” L16 30/4 11 [Valéry et les phosphène, le diaphane] La question est devenue un petit peu différente et à la vérité, les gens avec qui ARISTOTE a à combattre, c’est à savoir mille autres théories énoncées de son temps [relatives à la projection] /…/ Qu’est ce que sup­pose ce terme de projection quand il s’agit non plus de ce qui se voit mais de l’imaginaire, si ce n’est que nous supposons que le sujet-patient modifie le monde. Qu’est-ce que cette projection sinon la supposition de ceci: c’est que c’est du dedans que le faisceau lumineux part, qui va peindre le monde. /…/ Mais nous prouvons, dans nos métaphores en être encore là. Et quand on se réfère au texte aristotélicien ce n’est pas le moins brillant de ce qu’il nous montre, ce qu’on touche en quelque sorte du doigt /…/ ce qui apparaît en quelque sorte à lire ces textes c’est quelque chose [d’inséré dans le désir] qui pour nous localise ce champ de la vision, de le réanimer /…/ de ce que nous y avons mis grâce à la perversion /…/ L’objet “a” dans le champ visuel, ressort, au regard de la structure subjective, à la fonction de ce tiers terme, dont il est frappant que littéralement les anciens ne sa­chent pas qu’en faire.

 

Il у а, au stade oral, un certain rapport de la demande au désir voilé de la mère; il у а au stade anal, l’entrée en jeu pour le désir de la demande de la mère; il у а au stade de la castration phallique, le moins phallus – φ, l’entrée de la négativité quant а l’instrument du désir, au moment du surgissement du désir sexuel comme tel dans le champ de l’autre. Mais la, а ces trois étapes, ne s’arrête pas pour nous la limite où nous devons retrouver la struc­ture du а comme séparé. Mais ce n’est pas pour rien qu’aujourd’hui je vous ai parlé d’un miroir, non pas du miroir au stade du miroir, de l’expérience narcissique, de l’image du corps dans son tout, mais du miroir, en tant qu’il est ce champ de l’Autre où doit apparaître pour la première fois, sinon le а, du moins sa place, bref le ressort radical qui fait passer du niveau de la cas­tration au mirage de l’objet du désir.

Quelle est la fonction de la castration dans ce fait étrange que l’objet du type le plus émouvant, pour être а la fois notre image et autre chose, puis­se apparaître а ce niveau, dans un certain contexte, dans une certaine cultu­re comme sans rapport avec le sexe. Voilà le fait, je crois, caractéristique auquel j’entends aujourd’hui vous amener.

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Leçon XVIII 15 mai 1963

Si nous partons de la fonction de l’objet dans la théorie freudienne, objet oral, objet anal, objet phallique – vous savez que je mets en doute que soit homogène а la série, l’objet génital – tout ce que j’ai déjà amorcé, tant dans mon enseignement passé que plus spécialement dans celui de l’année derniè­re vous indique que cet objet défini dans sa fonction par sa place comme а, le reste de la dialectique du sujet а l’Autre, que la liste de ces objets doit être complétée. Le а objet fonctionnant comme reste de cette dialectique, il est bien sûr que nous avons а le définir dans le champ du désir а d’autres niveaux, dont j’en ai assez indiqué pour que vous sentiez, si vous voulez, que grossièrement c’est quelque coupure survenant dans le champ de l’œil et dont est fonction le désir attaché а l’image. Autre chose, plus loin que ce que nous connaissons déjà et où nous retrouverons ce caractère de certitude fon­damentale déjà repérée par la philosophie traditionnelle et articulé par Kant sous la forme de la conscience, c’est que ce mode d’abord, sous la forme du а nous permettra de situer а sa place ce qui jusqu’ici est apparu comme énig­matique sous la forme d’un certain impératif dit catégorique.