Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

Fantasme

 

BATAILLE S., Emma ou la fonction d’un fantasme, Ornicar?  n°8, p.12-31 

MELMAN C. Le névrosé et son fantasme de la théorie, Ornicar?  n°11, p. 10-18.

 

PORGE E., 1987, Le fantasme un nouage h(â)té, Littoral n°22, pp. 63-80.

 

STRAUSS M., 1986, Donald Winnicott, Ornicar?  n°37, p.138.

 

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Fig A                                              Fig B                           Fig C double boucle sur un Tore

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fantasme E09 Car l’homme agité en l’adage [“Le style est l’homme même”] déjà classique /…/ s’avère en ce crayon être un fantasme du grand homme, qui l’ordonne en scénario pour y prendre sa maison entière. Rien ici qui relève du natu­rel.

 

fantasme E174 Fantasme de l’épreuve de la déchéance de  l’objet aimé (citation de l’Alceste) “Que vous fussiez réduite à un sort misérable” mais, s’y ajoute la condition absolue de l’unicité [A—›a, +NP][FREUD: allgemeine Erniedrigung des Liebes Lebens, Cendrillon; Dame aux camélias; la vendeuse d’allumettes, sauver la putain].

 

fantasme E546 DE PROCRÉATION n1: Nous demandons à Mme Ida Mcalpine /…/ si le chiffre 9 /…/ doit être conçu comme faisant partie comme tel, c’est-à-dire comme symbole, de la relation imaginaire isolée par elle comme fantasme de procréation /…/

 

fantasme E553-54 n1 Dès lors ce champ [$] ne sera que le tenant-lieu du fantasme /…/ Seule la coupure révèle la struc­ture de la surface entière de pouvoir y détacher ces deux élé­ments hétérogènes que sont ($ ◊ a) /…/ le $, S barré du désir /…/ et le “a” qui correspond aux champs J et S. C’est donc comme représentant de la représentation dans le fan­tasme /…/ que le $ /…/ supporte ici le champ de la réalité /…/

 

fantasme E553-54 n1 Repérer dans le schéma R l’objet “a” est intéressant pour éclairer ce qu’il ap­porte sur le champ de la réalité (champ qui le barre). /…/ ce champ [de la réalité] ne fonctionne qu’à s’obturer de l’écran du fantasme. /…/ ce que le schéma R étale c’est un plan projectif/…/ la cou­pure mM, iI /…/ isole dans le champ une bande de Möbius. /…/

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fantasme E637 la surdétermination n’est strictement concevable que dans la structure du langage. /…/ Cela veut dire qu’aux effets qui répondent chez un sujet à une demande déterminée, vont interférer ceux d’une position par rapport à l’autre (à l’autre, ici son semblable) qu’il soutient en tant que sujet. “Qu’il soutient en tant que sujet” veut dire que le langage lui permet de se considérer comme le machiniste, voire le metteur en scène de toute la capture imaginaire /…/ Le fan­tasme est l’illustration même de cette possibilité originale.

 

fantasme E731 Peut-on se fier à ce que la perversion ma­sochiste doit à l’invention masculine, pour conclure que le masochisme de la femme est un fantasme du désir de l’homme?

 

fantasme E734-35 TÉMOIN INVISIBLE (RELAIS BOURGUIGNON)Jones, dans son article [sur la sexualité féminine] /…/ part de son expérience de l’homosexualité chez la femme /…/ Il fait bifurquer le désir du sujet dans le choix qui s’imposerait à lui entre son objet incestueux, ici le père, et son propre sexe. /…/ Il s’agit plutôt d’une relève [Aufhebung =sublimation] on pourrait dire d’un défi relevé /…/ ce défi prend son départ dans une exigence de l’amour ba­fouée dans le réel et qu’il ne va à rien moins qu’à se donner les gants de l’amour courtois. Plus qu’un autre un tel amour se targue de donner ce qu’il n’a pas. /…/ Ce n’est pas propre­ment l’objet incestueux qu’elle choisit au prix de son sexe; ce qu’elle n’accepte pas [l’homosexuelle], c’est que cet objet n’assume son sexe qu’au prix de la castration. /…/ dans toutes les formes, même inconscientes, de l’homosexualité féminine, c’est sur la féminité que porte l’intérêt suprême et Jones a fort bien détecté le lien du fantasme de l’homme, invisible témoin, avec le soin porté par le sujet à la jouissance de sa partenaire.

 

fantasme E734-35: La démonstration ayant été fort loin poussée pour la plupart des perversions mâles que leur motif imaginaire est le désir de préserver un phallus qui est celui qui a intéressé le sujet dans la mère, -l’absence chez la femme du fétichisme /…/ laisse à supposer un sort autre de ce désir dans les perversions qu’elle présente. /…/

 

fantasme E853 La castration est le ressort tout à fait nou­veau que Freud a introduit dans le désir, donnant au manque du désir le sens resté énigmatique dans la dialectique de Socrate, quoique conservé dans la relation du Banquet. /…/ Les pulsions /…/ c’est le Réel qu’elles mythifient /…/ en y introduisant la relation du sujet à l’objet  perdu. /…/ le désir vient de l’Autre et la jouissance est du côté de la Chose. Ce que le sujet en reçoit d’écartèlement pluralisant /…/ les identi­fication s’y déterminent du désir sans satisfaire la pulsion /…/ pour la raison que la pulsion divise le sujet et le désir, lequel désir ne se soutient que du rapport (qu’il méconnaît) de cette division à un objet qui la cause. Telle est structure du fan­tasme.

 

fantasme E873: S’il y a fantasme, c’est au sens le plus ri­goureux d’institution d’un Réel qui couvre la vérité. [affleurement du fantasme: c’est le Réel de l’odeur qui fleure, dans le cuir, la godasse, la coprophilie etc.].

 

fantasme L06 21/1/59: [L’avocat d’Ella Sharpe] Il ne prend pas n’importe quel moi pour se faire ne pas être là où il est  Il est trop clair que du point de vue de la réalité ce fantasme est intenable, et se mettre à aboyer comme un chien dans une chambre où on ne doit pas être n’est pas la meilleure façon d’échapper à l’attention /…/ Ce qui est propre à tout affect, de toute cette marge, cet accompagnement, ces bordures du discours intérieur /…/ c’est que la continuité est en effet et principalement par le moyen de l’affect. A savoir: moins les affects sont motivés /…/ (c’est une loi) plus ils apparaissent pour le sujet compréhensibles. Ce n’est pas pour nous une raison de le suivre /…/ ce qu’il s’agit d’analyser c’est le fantasme, sans le comprendre, c’est-à-dire en retrouvant la structure qui le révèle /…/ De même que tout à l’heure l’important était de voir que le sujet nous dis qu’à propos de la toux “c’est un message”, il importe de s’apercevoir que ce fantasme n’a vraiment aucun sens (et c’est) dû au caractère totalement irréel de son efficacité éventuelle. C’est que le sujet en aboyant dit tout simplement “c’est un chien” /…/ Il ne se demande pas quel est ce signifiant de l’Autre en lui. Il se fait autre à l’aide de quoi: d’un signifiant précisément.

 

fantasme L06 12 novembre 1958, p. 14 Le désir et son interprétation où le propos de Lacan est (séance du) “de définir ce qu’est le fantasme“.

 

fantasme L06 10/6/59 DI 707: Ce moment instantané du fantasme, dû au fantasme, pour autant que le passage à l’acte dans la perversion (et dans la perversion seulement) le révèle.

 

fantasme L06 10/6/59 DI 709: Le névrosé accède à son fantasme /…/ à certains moments élus de la satisfaction du désir /…/. Son rapport /…/ aux autres réels /…/ est profondément marqué /…/ par une pulsion refoulée. Chez  l’hystérique: sa défense est constituée par le désir insatisfait; chez l’obsessionnel: sa défense consiste à rester hors jeu. Il reporte toujours à demain son engagement dans ce vrai rapport au désir /…/ en attendant il fait ses preuves /…/ comme moyen de s’attirer des  mérites /…/ à la référence de l’autre à l’égard de ses désirs.

 

Fantasme L06 10/6/59 DI 713: De sorte que se constituant comme désirant il ne s’aperçoit pas  que dans la constitution de son désir il se défend contre quelque chose, que son désir même est défense et ne peut pas être autre chose. /…/ Dans chaque cas il appelle à l’aide une chose qui se présente dans une position tierce par rapport à ce désir de l’autre, quelque chose où il puisse se placer pour que la relation aspirante, évanouissante de $ devant “a” [$ ◊ a] soit tenable. C’est dans la relation à l’autre, à l’autre réel, que nous avons suffisamment indiqué le rôle de ce qui permet au sujet de symboliser/…/ Symboliser /…/ c’est maintenir en acte quelque chose où il puisse se reconnaître comme sujet.

 

fantasme L06 13/5/59 DI 599: [mise en correspondance de la constitution de l’objet et de la maturation instinctuelle de la pulsion]  par opposition à l’articulation synchronique entre le désir et son objet; $ ◊ a]: dans cette structure minima /…/ c’est dans un rapport tiers avec ce fantasme que le sujet se constitue comme désir. Nous prenons aujourd’hui la perspective tierce de ce fantasme et en faisant passer l’assomption du sujet par “a” [“a”= support que le sujet se donne pour autant qu’il défaille dans sa certitude de sujet].

 

fantasme L06 15/4/59 DI 503: Ce qu’on peut appeler le réglage imaginaire de ce qui constitue le support du désir /…/ et qui représente cette assomption par le sujet de son vouloir essentiel, ce qui vient se régler sur /…/ le terme de ce qui constitue la question du sujet, c’est quelque chose que nous symbolisons par cet $ ◊ a et que nous appelons le fantasme. C’est quelque chose d’ambigu en tant qu’il est effectivement dans le conscient quand nous l’abordons par une certaine phase, un dernier terme; ce terme qui fait le fondement de toute passion humaine en tant qu’elle est marquée par quelqu’un de ces traits que nous appelons traits de perversion. Le mystère du fantasme, en tant qu’il est en quelque sorte le dernier terme du désir, est que toujours plus ou moins il se présente sous une forme assez paradoxale pour avoir /…/ motivé le rejet antique de sa dimension comme étant de l’ordre de l’absurde; et ce pas essentiel a été fait à l’époque moderne où la psychanalyse constitue le tournant premier qui sous-tend le fantasme en tant que pervers, de l’interpréter, de le concevoir, et qu’il n’a pas pu être conçu que pour autant qu’il a été ordonné à une économie inconsciente.

 

fantasme L06 15/4/59 DI 511: Ce qui est important dans cet élément /…/ structurel du fantasme imaginaire, en tant qu’il se situe au niveau du “a”, c’est 1) d’une part, ce caractère opaque, celui qui se spécifie sous les formes les plus accentuées comme le pôle du désir pervers; en d’autres termes: qui en fait l’élément structurel des perversions et nous montre donc que la perversion se caractérise en ceci, que tout l’accent du fantasme est mis du côté du corrélatif proprement imaginaire de l’autre, “a”, ou de la parenthèse [a+b+c, etc.] . 2) Néanmoins, ce qui est essentiel /…/ c’est de vous rappeler que, si bizarre que puisse être dans son aspect de fantasme du désir pervers, le désir y est toujours de quelque façon intéressé. Intéressé dans un rapport qui est toujours lié au pathétique, à la douleur d’exister [E666] comme telle [cf. Médias & Show-biz], d’exister tout purement [SDF], ou d’exister comme terme sexuel [féminisme]. C’est évidemment dans la mesure où celui qui subit l’injure dans le fantasme sadique est quelque chose qui intéresse le sujet, en tant que lui-même peut être offert à cette injure, que le fantasme sadique subsiste [ça ne se rapporte pas à une pure et simple agression primitive].

 

fantasme L06 15/4/59 DI 512 [opposition entre névrose et perversion]: Le névrosé se situe par un accent mis sur l’autre terme du fantasme c’est-à-dire $. /…/ Ce fantasme comme tel se situe à l’extrême, au niveau de la butée du reflet de l’interrogation subjective, pour autant que le sujet tente de s’y ressaisir dans cet au-delà de la demande, dans la dimension même du discours de l’Autre, où il a à retrouver ce qui a été perdu [mais retrouvé par le deuil DI 525] par cette entrée dans le discours de l’Autre [ce n’est pas au niveau de la vérité mais de l’heure de la vérité]; /…/ Le fantasme de la perversion /…/ est appelable, il est dans l’espace où il suspend je ne sais quelle relation essentielle. Il n’est pas à proprement parler atemporel, il est hors temps. /…/ Dans le comportement névrotique /…/ dans son objet, le sujet cherche toujours à lire son heure [cf. Hamlet]

 

fantasme L06 17/6/59 DI 727: Freud a été amené à poser la présence dans l’inconscient de tendances perverses polymorphes. Il a découvert la structure des fantasmes inconscients. La forme des fantasmes inconscients recouvre une partie de la perversion, ce qui se présente à nous dans les perversions, ce quelque chose qui occupe le champ imaginatif du pervers, ce quelque chose que le pervers met en scène. Là où nous réussissons à le rattacher à l’histoire du pervers, le fantasme du pervers se présente comme une séquence coupée du développement du drame: (rush  comme dans les films-annonces); ce qui est alléchant dans ces images c’est leur désinsertion de la chaîne du film.

 

fantasme L06 21/1/59: [L’avocat d’Ella Sharpe] Il ne prend pas n’importe quel moi pour se faire ne pas être là où il est  Il est trop clair que du point de vue de la réalité ce fantasme est intenable, et se mettre à aboyer comme un chien dans une chambre où on ne doit pas être n’est pas la meilleure façon d’échapper à l’attention /…/ Ce qui est propre à tout affect, de toute cette marge, cet accompagnement, ces bordures du discours intérieur /…/ c’est que la continuité est en effet et principalement par le moyen de l’affect. A savoir: moins les affects sont motivés /…/ (c’est une loi) plus ils apparaissent pour le sujet compréhensibles. Ce n’est pas pour nous une raison de le suivre /…/ ce qu’il s’agit d’analyser c’est le fantasme, sans le comprendre, c’est-à-dire en retrouvant la structure qui le révèle /…/ De même que tout à l’heure l’important était de voir que le sujet nous dis qu’à propos de la toux “c’est un message”, il importe de s’apercevoir que ce fantasme n’a vraiment aucun sens (et c’est) dû au caractère totalement irréel de son efficacité éventuelle. C’est que le sujet en aboyant dit tout simplement “c’est un chien” /…/ Il ne se demande pas quel est ce signifiant de l’Autre en lui. Il se fait autre à l’aide de quoi: d’un signifiant précisément.

 

fantasme L06 3/6/59 DI 697: Cette fente, c’est la fente symbolique d’un mystère plus profond, qui est celui qu’il s’agit d’élucider, à savoir, sa place à un certain niveau de  l’inconscient, qu nous permet de situer le pervers à ce niveau comme dans un certain rapport avec “a”. C’est bien la structure du désir comme tel (reproduisant la structure du sien) qu’il vise. La solution perverse à ce problème de la situation du sujet dans le fantasme est justement celle-ci: c’est de viser le désir de l’autre et de croire y voir un objet. /…/ le fantasme fondamental du pervers est de se désirer désirant /…/ lié à la métaphore paternelle, à savoir comme venant donner au sujet un signifié. [c’est ça que l’autre désire].

 

fantasme pervers L06 3/6/59 DI 689: Et si Jones identifie le complexe de castration à la crainte de la disparition du désir. c’est exactement ce que je suis en train de vous dire sous une forme différente. puisque le sujet craint que son désir disparaisse /…/ c’est que quelque part il se désire désirant. Que c’est là la structure du désir /…/ du névrosé et c’est pour cela que le fantasme pervers est utile à re-épeler /…/ à savoir le fantasme de l’exhibitionniste. On a l’habitude de dire: c’est très simple, c’est très joli le fantasme pervers, l’impulsion exhibitionniste /…/ il y a là en somme quelque chose, la pulsion qui se complait /…/ à donner à voir /…/ ce n’est pas rien déjà de dire cela /…/ cela implique quand même une certaine subjectivité /…/ [acéphale]. Et aussi bien en avons-nous des indications /…/ dans le luxe mis par des animaux dans les manifestations de la parade captivante /…/ dans la courbe d’un certain comportement, si instinctuel que nous le supposions, quelque chose peut être impliqué que ce même mouvement de retour et du même coup l’anticipation qui est là dans la courbe de la parole. Je veux dire une projection temporelle.

 

fantasme L06 3/6/59 DI 697: Cette fente, c’est la fente symbolique d’un mystère plus profond, qui est celui qu’il s’agit d’élucider, à savoir, sa place à un certain niveau de  l’inconscient, qu nous permet de situer le pervers à ce niveau comme dans un certain rapport avec “a”. C’est bien la structure du désir comme tel (reproduisant la structure du sien) qu’il vise. La solution perverse à ce problème de la situation du sujet dans le fantasme est justement celle-ci: c’est de viser le désir de l’autre et de croire y voir un objet. /…/ le fantasme fondamental du pervers est de se désirer désirant /…/ lié à la métaphore paternelle, à savoir comme venant donner au sujet un signifié. [c’est ça que l’autre désire].

 

fantasme L08 11/1 105 FONDAMENTAL: que doit-il rester de ses [ceux de l’analyste] fantasmes? Vous savez que je suis capable d’aller plus loin, de dire /…/ si tant est qu’il y ait un fantasme fondamental, si la castration est ce qui doit être accepté au dernier terme de l’analyse, quel doit être le rôle de la cicatrice à la castration, dans l’êros de l’analyste?

 

fantasme L09 7/6 547: [i(a) n’est pas l’image de “a”]: elle ([i(a)] ne le représente pas cet objet de la castration. Elle n’est d’aucune façon le représentant de la pulsion sur quoi porte effectivement le refoulement. Et pour une double rai­son; c’est qu’elle n’est cette image ([i(a)], ni la Vorstellung puisqu’elle est elle-même un objet, ni image réelle /…/ ni un objet qui n’est pas le même que “a”, qui n’est pas représentant non plus. Le désir dans le graphe où se situe-t-il? Il vise $ ◊ a, le fantasme, sur un mode analogue à celui du petit m  où le moi se réfère à l’image spéculaire . Qu’est-ce à dire sinon qu’il y a quelque part rapport de ce fantasme au désirant. /…/ A la question “Que vuoi?” le désirant est la réponse, la réponse qui ne désigne pas le “qui” de “qui veut” mais la réponse de l’ob­jet. Ce que je veux dans le fantasme détermine l’objet d’où le désirant qu’il contient doit s’avouer comme désirant. Cherchez-le toujours ce désirant au sein de quelque objet que ce soit, et n’allez pas objecter la perversion nécrophilique puisque justement c’est là l’exemple où il se prouve qu’en-deçà de la seconde mort physique [quelque chose] laisse en­core à désirer et que le corps se laisse là apercevoir comme en­tièrement pris dans une fonction de signifiant, séparé de lui-même et témoignage de ce qu’étreint le nécrophile: une insai­sissable vérité.

 

fantasme L09B 6/6 479 FONCTION DE: [à partir de deux tores orthogonaux et emboîtés] En quoi cette image s’avère appropriée à représenter la formule que “le désir du sujet est le désir de l’Autre”? /…/ si nous supposons /…/ ce simple cercle /…/ de lui faire deux fois la traversée du trou et une seule fois son entour /…/ sur le polygone fondamental, /…/ nous avons alors quelque chose qui, sur le décalque, au niveau de l’Autre, se présente ainsi [fig.B]. /…/ disons que la réalisation de deux fois le tour, qui correspond à la fonction de l’objet et du transfert sur le décalque (sur l’autre tore), en deux fois de la demande (D) selon la formule d’équivalence /…/; c’est de symboliser ceci que, dans une certaine forme de structure subjective [hystérique] la demande du sujet consiste en l’objet de l’Autre. /…/ alors la superposition des deux termes, après la bascule, n’est plus possible. /…/. La question /…/ étant celle /…/ d’une structure /…/ qui nous donne un support de ce vers quoi pointe notre recherche précisément, à savoir la fonc­tion du fantasme; c’est à cette fin que peut nous servir la structure /…/ du cross-cap.

 

 

Fantasme L13 16/11/66 LE1 p.11: [le désir et la réalité]: Le $ dans la formule $ ◊ a, désigne la division du sujet, barré de ce qui le constitue proprement en fonction de l’inconscient. Ce $ est à la fois + grand et + petit que “a”, ou encore lié à cet objet par une relation d’inclusion qu se traduit en termes d’implication par la formule: “si et seulement si”. L’objet “a”, lui, en tant que pièce détachable et foncièrement lié au corps, situé au champ de l’Autre, relève surtout d’une structuration logique; il est loin d’être apparenté à l’imaginaire; c’est plutôt l’imagi­naire qui s’y accroche. En effet le poinçon peut tenir lieu aussi de V et de , symboles des opérations lo­giques de réunion et d’intersection.

fantasme6 L13 16/11/66 LE1 p.11: L’objet “a” doit être le résultat de deux opérations logiques. Si cet “a” est le prêt à le fournir, le fantasme, lui, implique le prêt à le porter [$].

 

Ce qui porte le fantasme est une surface fermée, en forme de bulle non-sphérique, dont l’étoffe sans couture est tissée de telle sorte que l’on passe sans s’en apercevoir de l’une à l’autre de ses faces. Cette surface a à proprement parler deux noms: désir et réalité parce qu’on peut vouloir y distinguer un endroit et un envers, mais en fait désir et réalité se jouent dans le discours de l’Autre à pile ou face. /…/

 

La réalité du  prêt-à-porter, qui fait le cadre du fantasme, et qui constitue toute la réalité humaine, n’est rien d’autre que le montage du symbolique et de l’imaginaire; elle se distingue du réel qui n’est jamais qu’entr’aperçu quand le masque (qui est celui du fantasme) vacille. Spinoza a dit que “le désir est l’essence de l’homme” /…/ nous abons à y substituer “le désir est l’essence de la réalité.  fantasme7

 

fantasme L14 11/1 LEF2 16 [La bibliothèque de toutes les bibliothèque]: a cataloguer les  ces livres /…/ je peux fort bien couvrir l’ensemble de toutes les bibliographies. De là, le fan­tasme du livre absolu dont le propre serait d’englober la totalité de la chaîne signifiante au point de faire qu’elle pût ne plus rien signifier.

 

fantasme L14 14/6 LEF5 92 [Ein kind wird geschlagen] : la jouissance intéressée dans la perversion a rapport à la difficulté de l’acte sexuel /…/ Ce fantasme: “un enfant est battu”, /…/ présente cette caractéristique d’être plus inavouable que quoi que ce soit, d’entraîner un sentiment de culpabilité qui permet à Freud de le mettre en rapport avec ce qu’il appelle une cica­trice, celle précisément du complexe d’œdipe. C’est ainsi qu’est jeté /…/ un véritable pont théorique grâce auquel le fantasme appréhende de façon quasiment expérimentale comme corps étranger, apparaît comme ayant rapport avec quelque chose d’autre qui est la virtualité de la perversion.

 

fantasme L14 14/6 LEF5 106: Repartons du modèle “un en­fant est battu” que je retraduis en fonction de deux caractéris­tiques: en tant que phrase, il est ce qui engendre le sujet comme barré [indéfini] . “Un enfant est battu” n’est donc rien d’autre que l’articulation signifiante “un enfant est battu”. Mais aussi on peut lire dans le texte même de Freud qu’erre là-des­sus une présence impossible à éliminer qui est ce qui s’appelle le regard. Ces deux caractéristiques donnent donc $ ◊ a. /…/ le fantasme /…/ c’est une sorte de béquille, un corps étranger qui a une fonction bien déterminée, celle de subvenir à la carence du désir, pour autant que le désir est désirable quand il s’agit de l’acte sexuel.

 

fantasme L14 21/6 LEF5 107: Cette distance du fantasme par rapport à la zone où le désir se lie à la demande, est un point fondamental car de sa méconnaissance résulte cette in­flexion qui fait dépendre l’analyse du registre de la frustra­tion, alors que sa reconnaissance permet de distinguer la structure perverse de la structure névrotique. Dès lors, si le fantasme résiste à cette réduction qui consiste à vouloir l’insé­rer dans le discours inconscient, si par rapport à la phobie où le désir est prévenu, à l’hystérie où le désir est insatisfait, à l’obsession où le désir est impossible, il joue un rôle à part, c’est parce qu’il a une signification de vérité; ce qui veut dire la même chose que le fait d’affecter de la connotation vérité une proposition qui s’appellera dès lors axiome de la théorie. /…/ La disjonction au champ de l’Autre entre le corps et la jouissance est en définitive ce qui engendre un sujet barré [$] conjoint à un objet “a”, en tant qu’il est cette partie du corps où la jouissance peut se réfugier. Et nous ne serons pas surpris que le névrosé trouve dans cet arrangement un support fait pour parer à la carence de son désir dans le champ de l’acte sexuel.

 

fantasme L14 21/6 LEF5 108: [cf. le cas Florie dans Havelock Ellis]: Affectée qu’elle est de fantasmes de flagella­tion, Florie arrive une fois à franchir l’interdit qu’ils représen­tent pour elle. Mais ce franchissement garde le sens ambigu qui en fait un passage à l’acte, et pour nous qui lisons: un ac­ting out; car il ne saurait arriver au névrosé quelque chose qui serait pour lui l’équivalent de la jouissance perverse. Et c’est le point où les carences absolument manifestes de cette  observation sont le plus visibles, quand Florie confesse, par exemple, que ce n’est qu’exceptionnellement qu’elle fait entrer dans ses fantasmes une personne réelle, quelqu’un qu’elle admire et qu’elle vénère, et que H. Ellis écrit: “de qui il s’agit, je ne lui ai pas demandé”, alors que c’est bien entendu de lui qu’il s’agit, roulé dans la farine de bout en bout par sa pa­tiente.

 

fantasme L14 27/6 LEF5 91 PHRASE: Le fantasme /…/ a une signification fermée pour le sujet qui le supporte Et s’il apparaît comme une phrase grammaticalement structurée c’est pour autant /…/ qu’il est le corrélat du seul choix que laisse la structure de l’aliénation, à savoir: “je ne pense pas”. Mais si la signification de cette phrase échappe, c’est aussi parce que la Bedeutung  inconsciente est justement le corrélat de l’autre terme de l’alternative “je ne suis pas”. Cette signification est donc fermée, bien que ce soit elle qui donne “l’à une” de tous ces discours  de faux-semblants qui font appel à la compré­hension. Le fantasme au dedans  de vous vous laisse croire que vous comprenez parce qu’il éveille en vous la dimension du désir. Mais cette impression de comprendre du fait préci­sément que le fantasme éveille en vous le désir, vous laissera justement tous tant que vous êtes /…/ un peu névrosés sur le bord, dans l’incapacité de rien articuler en ce qui concerne la perversion.

 

 

fantasme L14 14/6 LEF5 97: Le fantasme, c’est une façon bien plus étroite que tout le reste, de l’inconscient structuré comme un langage, puisqu’en fin de compte, c’est une phrase, dotée d’une structure grammaticale impliquant qu’on en articule la logique.

 

fantasme L17 21/1 10: “un enfant est battu”, c’est bien une  proposition qui fait tout le fantasme. Pouvons-nous l’affecter de quoi que ce soit qui se désigne du terme de vrai ou de faux? /…/ Cette proposition a effet de quoi? de ses soutenir d’un sujet /…/ divisé par la jouissance. Divisé: je veux dire qu’aussi bien celui qui  l’énonce, cet enfant qui vertu, verdi, verdoie d’être battu (geschlagen). Mais /…/ cet enfant /…/ battu, il “badine vers-tu”; c’est “le malheur du vers “tu”; celui qui le frappe et qui n’est pas nommé  /…/ ce “tu me bats”, est cette moitié de sujet dont la formule fait sa liaison à la jouissance. Il reçoit certes son propre message sous une forme inversée, ça veut dire sa propre jouissance sous la forme de la jouissance de l’Autre [JA]. C’est bien de cela qu’il s’agit quand le fantasme se trouve rejoindre l’image du père conjointe de ce qui d’abord est un autre enfant. C’est que le père jouisse de le battre qui ici met l’accent du sens;  celui aussi de cette vérité qui est à moitié, car aussi bien celui qui à l’autre moitié, au sujet de l’enfant, s’identifie, n’était pas cet enfant, sauf, comme dit Freud à ce qu’on reconstitue le stade intermédiaire, jamais d’ailleurs d’aucune façon par le souvenir substancialisé, où c’est lui, en effet, celui qui de cette phrase fait support de son fantasme, qui est l’enfant battu /…/ un corps peut être sans figure /…/ Qu’est-ce qui a un corps et qui n’existe pas? Réponse: le grand Autre.

 

fantasme L18 20/1 6: Le discours scientifique progresse sans plus même se préoccuper de savoir s’il est ou non sem­blant. Il s’agit seulement que son réseau, que son filet, que son lattis /…/ fasse apparaître les bons trous à la bonne place. Il n’a de référence que l’impossible auquel aboutissent ses dé­ductions; cet impossible c’est le réel. /…/ Pour ce qui nous concerne  nous avons affaire à Quelque chose qui se rend compte qu’il diffère de cette position dans la physique du réel. Ce quelque chose qui résiste, qui n’est pas pliable en tout sens, qui est conséquence de notre discours, cela s’appelle le fantasme.

 

fantasme L03 192 [patient de Joseph HASSLER] Il tombe du tramway, /…/ il choit, il s’accouche lui-même. Le thème unique de fantasme de grossesse domine, mais en tant que quoi? En tant que signifiant /…/ de la question de l’intégration à la fonction virile, à la fonction de père. On peut noter qu’il s’est arrangé pour épouser une femme qui avait déjà un enfant, et avec laquelle il n’a pu avoir que des relations insuffisantes. Le caractère problématique de son identification symbolique soutient toute compréhension possible de l’observation. [Qui suis-je?].

 

 

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