Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

DISCORD

 

  1. Discord Aimée p.59 & 67,68: [Lacan citant Sérieux et Capgras]: Le délirant halluciné /…/ éprouve un changement qui l‘inquiète; il repousse d’abord les pensées qui l’assaillent; il a conscience de leur désaccord avec sa mentalité antérieure; il se montre indécis. Il n’arrive à la certitude, à la systématisation, que le jour où l’idée délirante est devenue sensation. /…/ Rien de semblable dans le délire d’interprétation dont l’origine se perd dans le lointain.

 

  1. discord E187 (Ax100) La discordance: « structure fondamentale de la folie ».

 

  1. discordance E278:: Cette même fonction de l’identification symbolique, par où le primitif se croit réincarner l’ancêtre homonyme et qui détermine chez l’homme moderne une récurrence alternée des caractères, introduit donc chez les sujets, soumis à ces discordances de la relation paternelle, une dissociation de l’Oedipe où il faut voir le ressort constant de ses effets pathogènes. Même en effet représentée par une seule personne, la fonction paternelle concentre en elle des relations imaginaires et réelles, toujours plus ou moins inadéquates à la relation symbolique qui la constitue essentiellement. C’est dans le Nom-du-Père qu’il nous faut reconnaître le support de la fonction symbolique qui, depuis l’orée des temps historiques, identifie sa personne à la figure de la loi.

 

  1. discordance E460: [la notion de frustration]: Or on chercherait vainement dans toute l’oeuvre de FREUD, de ce terme la moindre trace: car on y trouverait seulement l’occasion à le rectifier par celui de Versagung, lequel implique renonciation, et s’en distingue donc de toute la différence du symbolique au réel [S#R], différence dont nous vous faisons la grâce de la considérer comme acquise, mais on peut dire que l’oeuvre de FREUD se résume à lui donner le poids d’une instance nouvelle. Hernie centrale à être ici pointée du doigt, d’une discordance diffuse, et telle qu’en effet les termes freudiens étant si l’on eut dire /…/ laissés en place, c’est pour chacun quand on en use, quelque chose d’autre qu’on désigne. Rien en effet qui satisfasse mieux aux exigences du concept que ces termes, c’est-à-dire qui soit plus authentique à la structure d’une relation, nommément analytique, et à la chose qui s’y saisit, nommément le signifiant. C’est dire que ces concepts, entre eux puissamment articulés, ne correspondent en rien qui se donne immédiatement à l’intuition.

 

  1. paranoïa L04 226: [HANS] Tout dépend de ce que l’enfant est réellement pour la mère. /…: Jusque là, l’enfant est dans le paradis du leurre. /…/ L’enfant essaie de se couler, de s’intégrer, dans ce qu’il est pour l’amour de la mère /…/ Mais à partir du moment où intervient sa pulsion, son pénis réel, apparaît ce décollement [clivage] dont je parlais tout à l’heure. Il est pris à son propre piège, dupe de son propre jeu, en proie à toutes les discordances, confronté à la béance immense qu’il y a entre satisfaire à une image et avoir quelque chose de réel à présenter. /…/ Ce qui joue alors un rôle décisif, c’est que ce qu’il a /…/ à présenter lui apparaît /…/ comme quelque chose de misérable. L’enfant est alors placé devant cette ouverture d’être le captif, la victime, l’élément passivé d’un jeu où il devient la proie des significations de l’Autre. /…/ c’est très précisément en ce point que s’embranche l’origine de la paranoïa.

 

  1. discordance L09 24/01/62 p.160: Le « ne » de « je crains qu’il ne vienne » /…/ ne veut rien dire d’autre que « j’espérais qu’il vienne »; il exprime la discordance de vos propres sentiments à l’endroit de cette personne, qu’il véhicule, en quelque sorte, la trace combien plus suggestive d’être incarnée dans son signifiant, puisque nous l’appelons en psychanalyse ambivalence. « Je crains qu’il ne vienne » /…/  [c’est] montrer combien, dans un certain type de relations, est capable /…/ de se marquer en une béance cette distinction du sujet de l’acte d’énonciation en tant que tel, par rapport au sujet de l’énoncé

 

  1. discordance L09 14/03/62 p.293: La propriété de l’anneau, en tant qu’il symbolise la fonction du sujet dans son rapport à l’Autre, tient en ceci: que l’espace intérieur et l’espace intérieur sont les mêmes. /…/ Mais ce que montre ce schéma, c’est avec évidence la carence de l’harmonie idéale qui pourrait être exigée de l’objet à la demande /…/ illusion qui est suffisamment démontrée par l’expérience, je pense, pour que nous ayons éprouvé le besoin de construire ce modèle nécessaire à leur nécessaire discordance. /…/ C’est que l’objet /…/ en tant qu’objet de désir est l’effet de l’impossibilité de l’Autre de répondre à la demande.

 

  1. discord L22 Jacques LACAN, Le Séminaire, Livre XXII, 21/1/1975, in Ornicar? 3, p.105. “Il y a “discord”   ou dysharmonie dès lorsque l’objet <<a>> n’est pas pleinement constitué, faute que la chaîne soit borroméenne .

 

  1. discord (Ax95) SPINOZA « seule conception » susceptible de rendre compte de la psychose paranoïaque /…/ comme un fait de personnalité.
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