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Décès d’Alain Didier-Weill

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Alain Didier-Weill s’est éteint dans la nuit du 16 au 17 novembre 2018.

C’était un personnage singulier, attachant, illustrant par son parcours la complexité de ce que l’on appelle le désir de l’analyste.

Le 21 décembre 1976, Jacques Lacan l’invite à parler à son séminaire. Il interviendra à 3 reprises, pour y présenter les questions qui se révèleront être de véritables esquisses de ses titres les plus forts.

On y devine déjà le style si particulier, qui transparait dans les signifiants qu’il interroge : pulsion invoquante, étonnement, de-sidération, witz, poésie, note bleue, voici sa palette, sa partition, son habit de danseur pour approcher l’inouï, l’invisible, l’impalpable, un tissage qui le conduira à son texte majeur, qui prend appui sur le commentaire le plus personnel, le plus hardi des derniers séminaires de Lacan.

Tout commence dès le titre, énigmatique et poétique : Un mystère plus lointain que l’inconscient (2010), démarche marquée d’un espoir sans croyance : attendre de la cure analytique la production d’un signifiant nouveau.

Citons encore Les trois temps de la loi (1995), InvocationsDionysos, Moïse, Saint Paul et Freud (1998), Lila ou la lumière de Vermeer (2003). Tout cela ne fait qu’effleurer l’univers de cette pensée riche foisonnante, généreuse.

Alain Didier-Weill nous laisse un héritage conséquent, toujours à découvrir.

Son regard lumineux, malicieux, amical restera dans le souvenir de ceux qui l’ont rencontré.

Marc Morali