Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

Annexe I

Résumé établi par Lacan et publié dans l’annuaire de l’École Pratique des Hautes Études PROBLÈMES CRUCIAUX POUR LA PSYCHANALYSE Chargé de conférences: Docteur Jacques Lacan

Le problème mis au centre tient en ces termes : l’être du sujet, – où nous portait la pointe de nos références antérieures.

Que l’être du sujet soit refendu, Freud n’a fait que le redire sous toutes les formes, après avoir découvert que l’inconscient ne se traduit qu’en nœuds de langage, a donc un être de sujet.

C’est de la combinatoire de ces nœuds qu’est franchie la censure, laquelle n’est pas une métaphore, de porter sur leur matériel.

D’emblée Freud affirme que toute conception d’un recès de la conscience vers l’obs­cur, le potentiel, voire l’automatisme, est inadéquate à rendre compte de ces effets.

Voilà qui n’est rappelé que pour écarter toute « philosophie » de l’emploi que nous avons fait cette année du cogito, légitime, croyons-nous, de ce que le cogito ne fonde pas la conscience, mais justement cette refente du sujet.

Il suffit de l’écrire

Je suis pensant: « Donc je suis » α

et de constater que cette énonciation, obtenue d’une ascèse, refend l’être, lequel, de ses deux bouts, ne se conjoint qu’à manifester la torsion qu’il a subie dans son nœud. Causation ? Retournement? Négativité ? c’est cette torsion dont il s’agit de faire la topo­logie.      .

Piaget et Vygotsky, du premier au second illustrent le gain qu’on réalise à repousser toute hypothèse psychologique des rapports du sujet au langage, même quand c’est de l’enfant qu’il s’agit. Car cette hypothèse n’est que l’hypothèque qu’un être-de-savoir prend sur l’être-de-vérité que l’enfant a à incarner à partir de la batterie signifiante que nous lui présentons et qui fait la loi de l’expérience.

Mais c’est anticiper sur une structure qu’il faut saisir dans la synchronie, et d’une ren­contre qui ne soit pas d’occasion. C’est ce que nous fournit cet embrayage du 1 sur le 0, venu à nous du point où Frege entend fonder l’arithmétique.

De là on aperçoit que l’être du sujet est la suture d’un manque. Précisément du manque qui, se dérobant dans le nombre, le soutient de sa récurrence, – mais en ceci ne le supporte que d’être ce qui manque au signifiant pour être l’Un du sujet : soit ce terme que nous avons appelé dans un autre contexte le trait unaire, la marque d’une identifica­tion primaire qui fonctionnera comme idéal.

Le sujet se refend d’être à la fois effet de la marque et support de son manque. Quelques rappels de la formalisation où se retrouve ce résultat, seront ici de mise. D’abord notre axiome, fondant le signifiant: comme « ce qui représente un sujet [non pas pour un autre sujet, mais] pour un autre signifiant ».

Il situe le lemme, qui vient d’être réacquis d’une autre voie : le sujet est ce qui répond à la marque par ce dont elle manque. Où se voit que la réversion de la formule ne s’opè­re qu’à introduire à un de ses pôles (le signifiant) une négativité.

La boucle se ferme, sans se réduire à être un cercle, de supposer que le signifiant s’ori­gine de l’effacement de la trace.

La puissance des mathématiques, la frénésie de notre science ne reposent sur rien d’autre que sur la suture du sujet. De la minceur de sa cicatrice, ou mieux encore de sa béance, les apories de la logique mathématique témoignent (théorème de Gödel), toujours au scandale de la conscience.

On ne s’illusionne pas sur le fait qu’une critique à ce niveau, ne saurait décaper la plaie des excréments, dont l’ordre de l’exploitation sociale, qui prend assiette de cette ouvertu­re du sujet (et ne crée donc pas l’aliénation), s’emploie à recouvrir ladite plaie, avec plus ou moins de conscience. Il faut mentionner la tâche qu’ici remplit, depuis la crise ouver­te du sujet, la philosophie. Servante de plus d’un maître.

Il est d’autre part exclu qu’aucune critique portant sur la société y supplée, puisque elle-même ne saurait être qu’une critique venant de la société, c’est-à-dire impliquée dans le commerce de cette sorte de « pensement » que nous venons de dire.

C’est pourquoi seule l’analyse de cet objet peut l’affronter dans son réel… qui est d’être l’objet de l’analyse (propos de l’année prochaine).

Nous ne nous contentons pas pourtant de suspendre ce qui serait un aveu de forfait dans notre abord de l’être du sujet, à l’excuse d’y retrouver sa fondation de manque. C’est précisément la dimension qui déroute, de notre enseignement que de mettre à l’épreuve cette fondation, en tant qu’elle est dans notre audience.

Car comment reculerions-nous à voir que ce que nous exigeons de la structure quant à l’être du sujet ß, ne saurait être laissé hors de cause chez celui qui le représente éminem­ment (pour le représenter d’être et non de pensée, tout comme fait le cogito), à savoir le psychanalyste ?

C’est bien ce que nous trouvons dans le phénomène, notable cette année-là, de l’avan­ce prise par une autre partie de notre auditoire à nous donner ce succès, disons: de confir­mer la théorie que nous tenons pour juste, de la communication dans le langage. Nous l’exprimons à dire que le message n’y est émis qu’au niveau de celui qui le reçoit.

Sans doute faut-il faire place ici au privilège que nous tenons du lieu dont nous sommes l’hôte.

Mais ne pas oublier dans la réserve qu’inspire ce qui paraît de trop aisé dans cet effet de séminaire, la résistance qu’elle comporte, et qui se justifie.

Elle se justifie de ce que les engagements soient d’être et non de pensée, et que les deux bords de l’être du sujet se diversifient ici de la divergence entre vérité et savoir.

La difficulté d’être du psychanalyste tient à ce qu’il rencontre comme être du sujet : à savoir le symptôme.

Que le symptôme soit être-de-vérité, c’est ce à quoi chacun consent, de ce qu’on sache ce que psychanalyse veut dire, quoi qu’il soit fait pour l’embrouiller.

Dès lors on voit ce qu’il en coûte à l’être-de-savoir, de reconnaître les formes heureuses de ce à quoi il ne s’accouple que sous le signe du malheur.

Que cet être-du-savoir doive se réduire à n’être que le complément du symptôme, voilà ce qui lui fait horreur, et ce qu’à l’élider, il fait jouer vers un ajournement indéfini du statut de la psychanalyse, – comme scientifique s’entend.

C’est pourquoi même le choc qu’à clore l’année sur ce ressort nous produisîmes, n’évi­ta pas qu’à sa place se répétât le court-circuit. Il nous en revint, d’une bonne volonté évi­dente à se parer de paradoxe, que c’est la façon dont le praticien le pense, qui fait le symp­tôme. Bien sûr est-ce vrai de l’expérience des psychologues par où nous avons introduit le grelot. Mais c’est aussi rester, comme psychothérapeute, au niveau de ce qui fait que Pierre Janet n’a jamais pu comprendre pourquoi il n’était pas Freud.

La dive bouteille est la bouteille de Klein. Ne fait pas qui veut, sortir de son goulot ce qui est dans sa doublure. Car tel est construit le support de l’être du sujet.

[5 avril 1966]

a – Ou : I am thinking : Therefore 1 am. “

ß – Exigence qui ne nous paraît pas de trop au regard de l’extension du ralliement struc­turaliste.

 

Annexe II

 

 

 

Annexe III

LE SUJET DE LA PULSION Conférence faite à l’E.NS. le 11 décembre 1966, (notes d’un auditeur). LE SUJET

Je pense : « donc je suis ».

Il s’agit de psychanalyse pure, non d’application thérapeutique.

En tant qu’elle met en rapport deux personnes dans un rapport de patient et de sup­posé agent.

La question la plus importante n’est pas de qui psychanalyse [mot rayé], mais de qui psychanalyse-t-on. L’inconscient, le transfert, le désir = des quelque chose dans ce « qui ». Ce ne sont pas des modes du sujet, car ce serait réntroduire les présupposés d’une his­toire pour les faire tomber au rang de préjugés (« personne »).

Terme de sujet le plus propre à poser la différence radicale de la psychanalyse d’avec toute restitution d’une âme substantielle, [celle-ci se saisit dans l’âme manipulable, la résistance, le moi à détordre, voire l’instinct de vie qui sont les objets délirants de la psy­chodramatisation où tout ou partie des analystes se laissent enrôler]

[Il vaut mieux se référer à la] stratégie des jeux; le sujet peut prêter à un calcul aussi exact que l’objet.

Un lieu de l’Autre où ce sujet subsiste sans substance, [espace qui réduit l’espace intui­tif à n’être qu’imaginaire. L’espace réel est hors de cause. Espace de la combinatoire, à 2 dimensions possible, cf. conférence du 9 décembre 1964] topologie à laquelle nous sommes si peu familiers que nous ne les remarquons pas partout dans l’ordre biolo­giques, etc. autre Gestalt tout aussi prégnante.

Si nous mettons au centre la fonction du sujet c’est pour dire que la psychanalyse ne pourrait même pas être là s’il n’y avait pas eu [l’abord cartésien] du sujet. Ce sujet, dans une histoire, apparaît en corrélation avec un monde qu’habite la science. C’est dans ce monde-là que la psychanalyse pouvait venir.

Le cogito fondant en acte [il ne faut pas le kantiser] un sujet dont le prix est [d’élimi­ner] du métabolisme de la cogitation toute substance. Il s’oppose comme déterminant de soi à l’upokeimenon Un acte mûri, médité, pour lequel on choisit un moment.

Un acte non sans antécédents. Il a ses titres de noblesse quand il s’historise.

Non [mot rayé] la rhétorique du scepticisme (les jeux de rhéteurs, qui sont pourtant une certaine ascèse), mais le ton des exercices spirituels. Une pratique qui n’est pas sans modèles, ce qui ne change rien à l’originalité de l’affaire.

Accès d’une dimension qui est la certitude qui s’accentue du signe: différent de la vérité. On part du désir de la certitude. Tout plutôt que de rester dans ce magasin des anti­quités. Et une récompense : c’est un exploit, [comme tout exploit, il a peut-être ses man­quements. Les Méditations à la mesure du plus faible].

Ce sont les détours qui sont frappants dans le texte de Descartes, – dimension de l’éveil, qui va plus loin que la métaphore

– mise en garde contre le pouvoir de la parole (même s’il se tient un peu trop vite pour quitte)

– le se tromper exprès, c’est à dire se mentir. La certitude montre son vrai visage à repousser la vérité dont on n’a que faire si elle est impropre à passer sous les fourches caudines du sujet.

– s’assurer d’abord de son être.

Le psychanalyste ne peut manquer d’y reconnaître le saut même que Freud conseille. Le matériel suspect d’inconscient est authentifié par le doute (« je ne suis pas sûr… d’avoir bien rêvé cela »).

Au niveau de cette apparence, c’est à coup sûr un élément à retenir pour l’analyse. Le doute en est la signature.

Le psychanalyste y retrouvera l’exact équilibre de cette division entre la chute de sens et l’affirmation d’être [division qui, elle, reste à élucider]. Descartes coupe alternativement la tête et la queue du poisson; tantôt c’est le «je pense » tantôt le « je suis » qui tombe. Division dont l’être et le sens restent également inachevés.

C’est bien là qu’il faut à Descartes la garantie du Dieu parfait. Rejeter dans l’ordre transcendant la division du sujet de la pensée.

1. Le « je pense », en ce qu’il engendre un « je suis » de sens est impensable. 2. Le « je pense » en ce qu’il procède [d’] un « je suis » d’être est impossible.

1. Une insoutenable pensée si nous devons en faire une intuition de connaissance. Le cogito prend fondement de l’évanouissement même de la connaissance. je suis au point précis où ma pensée se vide de sens. [C’est là que Descartes va trop vite; toute la liste du jugement, du sentir, etc. revient. Même si c’est la pensée du phi­losophe]. A ce niveau, c’est le shifter qui embraye. Il se distingue du sujet de l’énonciation qui s’affirme penser. Le sujet ne pense rien de simplement dire qu’il pense. [S’il ne veut rien dire ce n’est évidemment pas par une contradiction logique comme la bonne blague sophistique du je mens.] Au plus, si « je pense » veut dire quelque chose dans le langage courant, cela veut dire « je pense à autre chose » (que ce que vous pouvez penser). Le « je suis » déduit du « je pense » par Descartes n’est pas plus pensable que son support, le donc n’y indique qu’un effet pur de signifiant.

2. Descartes lui-même nous dit que le je pense de procéder de mon être est impossible. (étranges pensées, etc.). A cette place depuis des siècles la pensée s’efforce d’évoquer mon être, c’est à dire à une tâche impossible (cf. Koyré).

Ne pas reculer à formuler l’impossible c’est ce que fait la science de Newton. hypo­theses non fingo =1a loi de la gravitation n’est pas homogène aux autres lois de la physique. Elle est proprement impossible (comme action à distance), mais Newton s’en foutait. Hypotheses non fingo. [cf. rôle de l’idée judaïque de création, étrangère à la pensée antique, qui a mis tout ce temps à être réfléchie par le christianisme.] [cette idée n’opère pas en elle-même, le monde pourrait être autre qu’il n’est, mais par son rapport à l’impossible. Les impossibles décisifs dans la création, cf. Genèse]. Assurance d’être quoi que Dieu veuille.

[Newton n’était pas cartésien, mais bourré d’études hébraïques.]

Newton, cette loi qui introduit dans le monde exactement la place du sujet, elle n’est soutenable que d’un décret divin maintenu à chaque instant. Il n’en reste pas moins que c’est cette loi qui a définitivement exorcisé la physique de ce qui n’a jamais pu y repa­raître, l’âme du monde. Contradiction décisive qui participe de la catégorie de l’impos­sible.

Pour que la psychanalyse puisse dire ici son mot autrement que d’une façon grossiè­rement psychologisante (Bachelard), il faut la repérer elle-même par rapport à cette révo­lution de la pensée.

L’essentiel dans l’inconscient de Freud n’est pas d’être un autre centre, mais interpréter. Le sujet accordé de départ à l’impossible de son être.

Interroger ce qu’il advient de l’être du sujet quand il s’interprète ailleurs.

«Je suis » = symptôme, rêve, lapsus; réalisé l’impossible d’intervenir comme non pensé dans la trame même du discours (énonciation).

Certitude d’être touché (lapsus, mot d’esprit = secousses du diaphragme) mais on ne sait ni où ni comment.

Ce qui fixe ses bornes au pouvoir de la psychanalyse. Elle n’opère que dans le champ de la toute-puissance de la pensée, [dans l’enfance impuissante, une ressource que l’édu­cation s’empresse de geler].

Là où il n’y a pas de pensée, pas de structure du sujet, la psychanalyse est impuissan­te. [Elle sera sans effet, quoiqu’en pensent des psychanalystes, sur l’hérédité, les préjugés, traditions, coutumes, croyances, etc., toute la psychomatique du monde n’y change rien].

– Exemple des préjugés religieux. C’est uniquement dans ce qu’elle enveloppe de rap­port à la sexualité que la foi religieuse en est touchée.

– La psychanalyse ne peut se heurter aux préjugés de classe qu’en raison de l’éthique qu’elle implique.

– Ethique centrée sur la question de ce qu’est la jouissance = rien à voir avec l’huma­nitarisme.

Cette éthique enveloppe la psychanalyse.

La psychanalyse est une pratique qui s’oriente sur le principe de réalité [à entendre dans son rapport freudien au principe de plaisir. Opposition scandaleuse pour toute la tradition : Kant et Sade [La philosophie dans le boudoir ?].

Pour Jacques Lacan le plaisir est différent de la jouissance [qui constitue ?] une trans­gression (Au delà du principe de plaisir et le caractère énigmatique de l’orgasme). Jusqu’où l’homme peut se supporter dans le désir, d’une façon qui a sa loi, au delà du principe de plaisir. La névrose, la perversion [sont constituées par ?] les artifices grâce à quoi l’homme fixe cette frontière du désir; le désir et la loi sont comme l’endroit et l’en­vers, cf. notion de masochisme primordial.

Naturalisation [hédonisme = psychologisation de la sexualité], jamais on n’avait oppo­sé réalité/plaisir]. Mais bien entendre cette réalité, c’est le désir. Le désir est de l’impos­sible, et c’est pour cela qu’il est réel.

Le sujet du désir s’avance masqué sur la scène du monde. Vrai ressort de la subversion sociale, dont la science n’est pas par elle-même le moteur. Le vrai moteur (cf. Révolution française), c’est la liberté de désirer, et c’est une réalité refoulée qui s’y soutient.

 

Annexe IV

LE POINT DU SIGNIFIANT Jean-Claude Milner

Cette intervention est parue dans les Cahiers pour l’Analyse, voL3, mai juin 1966, p. 73­82. L’importante réécriture de la version éditée nous a amené à la reproduire intégralement. Qu’il y ait eu entre l’être et une computation un lien hérité, la doxographie antique suffirait à le manifester, qui, rapportant les opinions sur l’être ne sait les énoncer que comme des dénombrements, et ne peut, pour en dresser la liste, que se conformer à la suite des nombres : « pour l’un [des anciens sophistes], relate par exemple Isocrate, il y a une infinité d’êtres; pour Empédocle, quatre; pour Ion, seulement trois; pour Alcméon, rien que deux; pour Parménide, un; pour Gorgias, absolument aucun». [Isocrate, Or. XV, 268; cité à la page 345 de l’édition Diès].

Ce lien, que l’anecdote ici décrit, cerne bien cependant l’hypothèse qui supporte le mouvement de Platon, désireux dans Le Sophiste d’établir ce qu’il en est du non-être: se plaçant dans la succession des opinions, puisqu’il entend la clore, – entre le « un » de Parménide, qui résume tous les comptes positifs, et l’«absolument aucun» de Gorgias, qui les efface tous, il ne peut faire qu’énumérer le non-être, en susciter l’émergence par une computation.

Soit donc les genres, les éléments de la collection à décompter d’où le non-être devra surgir par énumération : « parmi les genres, […] les uns se prêtent à une communauté mutuelle et les autres, non; certains l’acceptent avec quelques-uns, d’autres enfin, péné­trant partout, ne trouvent rien qui les empêche d’entrer en communauté avec tous ». (2546). Par cette opposition entre le mélange et non-mélange, entre ce qui peut se prêter à communauté et ce qui ne le peut pas, un trait distinctif est défini, qui permet d’intro­duire parmi les genres un ordre et des classes : une hiérarchie.

Puisque est à présent connu le procédé par lequel dénombrer la collection, en assignant un genre donné à une classe et en le situant dans l’ordre, Platon est en mesure d’y déli­miter arbitrairement une série, en prélevant sur la collection des genres un certain nombre d’entre eux: les trois plus grands, l’être, le repos, le mouvement – comme si, au lieu de chercher le non-être dans une collection donnée, assuré sans doute de ne l’y pas trouver, Platon entendait, par un mouvement inverse, le produire dans la succession des états d’une collection construite.

Apparemment arbitraire, la collection choisie se soutient en fait de propriétés for­melles : si des trois genres prélevés, le repos et le mouvement ne peuvent se mêler l’un à l’autre, tandis que l’être se mêle à tous deux, Platon se trouve ainsi avoir constitué la série minimale propre à supporter l’opposition binaire entre le mélange et le non-mélange, qui est la loi même de la collection entière.

De fait, le départ est de deux, mélange et non-mélange, mais s’il suffit d’un seul terme pour représenter le mélange, il en faut deux pour supporter le non-mélange : supposons en effet que seuls soient donnés le mouvement et l’être, l’être alors, qui par définition se mêle à tout, se mêlerait au mouvement, et le trait distinctif du mouvement de se dérober au mélange dans son ordre se trouverait aboli; seul le mélange apparaîtrait dans la série. Pour manifester le non-mélange, il faut donc, en sus de l’être, deux termes qui s’excluent le repos et le mouvement, soit une série minimale de trois termes (254d).

A peine trois termes sont-ils posés que leur trinité appelle pour se soutenir comme série où « chacun d’eux est autre que les deux qui restent et même que soit » (254d), deux termes supplémentaires : le même et l’autre. Pour articuler les positions binaires du mélange et du non-mélange, doit être constituée une série minimale de cinq termes : « il est bien impossible que nous consentions à réduire ce nombre » (256d).

Mais cette série minimale ne saurait se reclore en un cycle saturé, puisque, régie par la loi binaire du mélange, elle laisse apparaître en soi, dans le jeu même de cette loi, une dis­symétrie: sauf un, tous les termes tombent à la fois sous la loi du mélange et sous celle du non-mélange. A chacun d’eux, s’oppose un terme avec lequel il entre dans une relation spécifique de non-mélange, repos contre mouvement, autre contre même. L’être seul se mêle à tous, sans point de résistance, échappant au couplage avec un terme qui le borne. Dans cette dissymétrie, doit se repérer la place du non-être.

Seul de tous les termes, l’être doit supporter par une alternante dualité de fonctions la binarité de l’opposition fondatrice : se mêlant à tous, il effectue le trait qui le définit comme terme assignable à la classe du mélange, et cependant cesse du même mouvement de subsister comme le terme cerné que ce trait effectué devait définir.

L’être se répand sur toute la série, il est l’élément même de son développement, puisque tous les termes, comme termes, sont de l’être. Mais par cette expansion, il ne fait que manifester le trait distinctif qui le situe dans une opposition binaire entre ce qui se mêle et ce qui ne se mêle pas : en bref, par la modalité de son expansion, l’être devient un terme cernable dans sa concentration singulière.

S’épandant, l’être se pose comme être. Or si l’être se pose, de ce fait seul, il tombe dans le registre de l’autre : devenant, à se poser, terme de la série, il pose comme ses autres tous les termes qu’il n’est pas : « ainsi, nous le voyons, autant sont les autres, autant de fois l’être n’est pas; lui, en effet, n’est pas eux, mais il est son unique soi, et dans toute l’infi­nité de leur nombre, à leur tour, les autres ne sont pas ». (257a).

Il est vrai sans doute que tout terme de la série participe du même et de l’autre : du même, en tant qu’il se rassemble sur soi; de l’autre, en tant que se rassemblant, il se pose comme autre (256b). Mais l’être seul, qui de par son expansion sans borne, voit sa fonc­tion se dédoubler, peut susciter dans sa double participation, comme son autre auquel pourtant il ne saurait se refuser, un terme nouveau : le non-être.

Par la vacillation de l’être comme expansion et de l’être comme terme, par le jeu de l’être et de l’autre, le non-être est désormais généré : « une fois démontré… et qu’il y a une nature de l’autre, et qu’elle se détaille à tous les êtres en leurs relations mutuelles, de chaque fraction de l’autre qui s’oppose à l’être, nous avons dit audacieusement : c’est ceci même qu’est réellement le non-être » (258e).

Et pourtant, ayant établi le non-être au rang de nouvelle unité, Platon n’en fait pas l’addition et ne dit aucunement qu’il faille élever de cinq à six le nombre minimal, néces­saire à supporter l’opposition binaire d’origine. C’est qu’il faut soutenir à la fois que les genres sont des points où l’être se noue, où le discours sur l’être est contraint de faire pas­ser son articulation, mais aussi des points où l’être disparaît. Par cette opération de pas­sage, dénommée par l’autre, et de nouage, dénommée par le même, le non-être surgit, dans la suite des genres, sous un mode singulier; dans la série qu’il faut dérouler pour sou­tenir l’opposition du mélange au non-mélange, il n’a pas de place assigné, sinon les points de fléchissement, où le cerne se révèle passage.

La série, ne parvenant pas à se poursuivre sans vacillation, se confirme dès lors comme une chaîne dont les éléments entretiennent des relations irréductibles à la simple suite. Des dépendances s’y révèlent, qui, à partir de la linéarité séquentielle de la série, dessinent un espace profond où jouent les cycles posant et supprimant par alternances réglées le même, l’autre, l’être et le non-être.

A chaque fois que l’être passant de terme en terme (« autant sont les autres »), confir­me sa fonction d’expansion, il se dénie comme terme cernable : à chaque passage, il fait émerger le non-être sous forme de répétition (« autant de fois l’être n’est pas »). Lorsqu’en retour, défini par cette même capacité d’expansion, l’être se rassemble sur soi comme terme, unité computable (« il est son unique soi »), il dénie son expansion se refuse aux autres termes, et les rejette dans le non-être comme en un gouffre où toute chaîne et tout décompte s’évanouissent (« les autres ne sont pas »).

Par un mouvement corrélatif, que voile l’énoncé lisse le posant comme « unité inté­grante dans le nombre… des formes » (258c), le non-être se refend : il est le gouffre qui efface tous les termes (« les autres ne sont pas ») et aussi bien le terme répété, à chaque fois que l’on décompte les genres, comme le cerne isolant le terme décompté (« autant de fois, l’être n’est pas »). En tant qu’il est terme de la chaîne, il est cerne répété sans place fixe, déplacement d’une chute de l’être; en retour, le fixer à une place, est renoncer à le faire terme cernable, puisqu’il ne peut être fixé sans devenir le gouffre où s’abolit toute série de termes. Compter le non-être comme unité « dans le nombre des formes », c’est donc devoir le compter dans la chaîne comme ce qui efface tout décompte.

Il est possible à présent de scander le cycle où le non-être s’énumère

– L’être comme terme est défini de pouvoir se mêler par expansion à tout terme quel qu’il soit.

– L’être, fonctionnant comme expansion, s’attribue à tous les termes, qui viennent ainsi à être.

– Les termes, venant à être, dénient l’être comme terme (moment de l’autre); le non-être apparaît sous tous les termes, comme terme sans place fixée, comme cerne répété.

– L’être comme terme se refuse à tous les termes (moment du même); le non-être se fixe comme gouffre absorbant tous les termes.

(A ce point, le cycle peut reprendre, l’être n’étant terme distinct que par sa propriété d’expansion).

Le non-être est alors développé par un jeu de vacillations entre l’expansion et le terme, entre la place et la répétition, entre la fonction de gouffre et la fonction de cerne : Comme terme, il est répétition, sans place assignée, puisqu’il est déterminé par l’être s’épandant.

Comme place, il devient absorption, effacement, puisqu’il est déterminé par l’être se posant comme terme et se refusant.

Ainsi le non-être est à chaque fois la reprise inversée d’une propriété de l’être : la double portée qu’il lui faut reconnaître – à la fois terme de la chaîne, et, comme terme, effondrement de toute chaîne – n’est que le revers de l’écartèlement de l’être, à la fois terme et expansion, qui, comme terme de la chaîne, désigne dans la chaîne la possibilité de toute chaîne.

Peut-être faut-il ici, après J.A. Miller, reconnaître les pouvoirs de la chaîne, seul espa­ce propre à supporter les jeux de la vacillation, mais aussi bien à les induire. Tout mouve­ment en effet qui replace dans la linéarité d’une suite un élément qui, comme élément, la transgresse – soit qu’il en doive situer l’instance fondatrice, soit qu’il en dessine le lieu d’effacement – y induit cette double dépendance formelle que nous nommons vacilla­tion, définissant rétroactivement cette suite comme une chaîne.

Mais à quoi référer ce mouvement de linéarisation, sinon à une prégnance de l’ordre ignoré du signifiant, dont l’être et le non-être reprendraient les traits, eux qui, par leur couplage même, assurent la vérité et autorisent le discours ?

L’ordre signifiant se développe comme une chaîne, et toute chaîne porte les marques spécifiques de sa formalité

Vacillation de l’élément, effet d’une propriété singulière du signifiant, qui, tout à la fois élément et ordre, ne peut être l’un que par l’autre et réclame pour se développer un espa­ce – supporté par la chaîne – dont les lois sont production et répétition : relation que, par leur symétrie inverse, l’être et le non-être reprennent, se partageant entre le terme et l’expansion, entre le cerne et le gouffre.

Vacillation de la cause, où l’être et le non-être ne cessent de déborder l’un sur l’autre, chacun ne pouvant se poser comme cause qu’à se révéler effet de l’autre.

Vacillation enfin de la transgression, qui les résume toutes, où le terme qui situe comme terme – transgressant la séquence – l’instance fondatrice de tous les termes, appelle celui qui reprendra comme terme la transgression elle-même, instance qui annule toute chaîne.

Un système formel est constitué, dont les interprétations pourraient à présent se pré­ciser. Comment ne pas lire, dans leur double dépendance, l’être comme ordre du signi­fiant, registre radical de tous les computs, ensemble de toutes les chaînes, et aussi «un» du signifiant, unité de la computation, élément de la chaîne ? Le non-être comme le signi­fiant du sujet, réapparaissant chaque fois que le discours, se perpétuant, surmonte un flé­chissement ou se confirme son caractère discret – et reprise du pouvoir spécifique du sujet d’annuler toute chaîne signifiante ?

Mais n’est-il pas permis de formaliser également sur ce mode l’objet a, qui se décrit d’être comme stase la répétition cyclique d’une chute? Tout se passant comme si l’on détenait ici une logique capable de situer les propriétés formelles de tout terme soumis à une opération de fissions, mais non pas de marquer des spécificités.

A la différence de l’articulation de Frege qui ramène la chaîne à son couple minimalß, l’interprétation d’un formalisme moins résumé n’est peut-être pas univoque. On touche­rait ici sous la forme d’un système de la fission, mais sans pouvoir les préciser davantage, aux linéaments de la logique du signifiant et à la source de tous les effets de mirage que sa méconnaissance induit.

Il est possible même d’apercevoir la nécessité que cette méconnaissance appelle pour ses effets la symétrie du mirage, et que cette nécessité autorise à conférer à tout balance­ment la portée d’un indice : la relation de l’être au non-être en portait tous les traits, elle était en droit le point critique où le signifiant pouvait être localisé.

Reconnaître la déduction du non-être comme un système formel n’a rien qui doive répugner, si l’on observe que Platon lui-même paraît y prendre appui pour mener le dia­logue à son terme: d’autres chaînes, comme superposées à la chaîne des genres, se dérou­lent, où il peut articuler le statut du sophiste, qui doit être cerné par le discours au point précisément où il dénie au discours le pouvoir de rien cerner – et le statut du discours lui-même en tant que, pour cerner le sophiste et se confirmer par là son pouvoir de véri­té, il doit s’ouvrir à l’énoncé du non-être, au mentir du sophiste.

Un double rapport s’institue ainsi: rapport thématique par lequel Platon relie le thème du non-être à celui du sophiste par les médiations du mensonge et de l’erreur – rapport d’homologie où, dans son registre, chaque thème requiert une vacillation pour se poser, le sophiste et son mentir ne semblant – homologiques du non-être – ne pouvoir se pla­cer que comme effaçant toute place: mais il faut pour dessiner cette homologie constituer comme telles les chaînes où elle jouera.

L’objet du dialogue est l’onoma du sophiste, or l’indice infaillible que celui-ci aura été découvert, c’est que le sophiste devra cesser de faire le sophiste, en s’échappant du cercle tracé par sa définition, qu’il cesse d’être au moment où l’onoma le saisit.

Dans la suite du dialogue, le sophiste apparaît dès lors aux points où il se poursuit, poussé de définition en définition, et surmontant ses fléchissements. S’il est celui dont on parle, sa présence doit sans doute, par les règles mêmes de l’échange dialogué, être celle d’un il, en face du je et tu, pronoms qui spécifiquement désignent les partenaires de paro­le : mais ce n’est pas assez encore pour situer sa place dans le dialogue.

Il faut souligner en effet combien une langue doit être sur ce point analysée de près, qui en face du je et tu, représente par un unique signe celui dont on parle, qu’il puisse par un montage entrer comme partenaire dans le dialogue, ou qu’il ne le puisse pas. Non per­tinente au niveau linguistique, l’insertion possible dans le jeu des partenaires est essen­tielle ici à détacher du il du partenaire, un autre il, aux propriétés différentes.

Or qu’il opère la distinction, Platon nous en donne un indice lorsqu’en 246e, abordant la réfutation de deux écoles philosophiques opposées, il demande à Théétète de procéder à un montage qui les rendra présentes : « demande-leur de te répondre… et de ce qu’ils diront, fais-toi l’interprète » (to lecthen pas auton aerméneue).

L’èrmeneueinon, cette position d’Hermès, de héraut, de truchement prêtant sa bouche à une autre voix, voilà ce qui doit signaler que cet il, cet absent dont on parle, est de ceux qui peuvent à l’occasion s’insérer dans le dialogue et y prendre leur place.

Or le sophiste est exclu de cet èrmeneueinon. Nul ne lui prêtant sa bouche, il est exclu de la réplique, et pourtant il est présent à chaque articulation, puisqu’à chaque niveau, l’É­tranger l’institue comme juge de la définition : le sophiste est bien cet autre il, celui qui, prétexte du discours, en est aussi la pesée. Dans le dialogue, sa place est dans l’horizontalité d’une chaîne aux points de passage, et sa fonction n’est que de forme, sans qu’elles doivent se soutenir d’aucun tour de parole.

Mais si le sophiste est figure formelle du dialogue, c’est qu’il a fait sa tékne d’une pro­priété du discours, qui doit le définir. Toute définition du sophiste s’ouvre dès lors sur une définition du discours qui y situera une possible communauté de l’être et du non-être.

La relation thématique pourtant ne peut se soutenir que d’une homologie: comme le non-être parmi les genres, comme le sophiste dans le dialogue, l’énoncé du non-être ne peut venir dans le discours que par la possibilité d’un fléchissement.

L’itinéraire est inverse du premier, et peut valoir comme une confirmation : de l’autre, nous étions menés au non-être; du non-être, à présent donné, nous sommes menés à ins­taller l’altérité au sein du discours, en le définissant comme un assemblage (ounthsis 263d) de classes de mots incommensurables.

Sans doute la suite établie à cette fin ne connaîtra pas les développements de la suite des genres; c’est que Platon ici encore s’attache au minimal : puisque par définition le dis­cours doit être l’entrelacement d’éléments qui y seront distingués, l’altérité qui y surgira sera soumise au mélange; deux termes dès lors suffisent à la soutenir : le non et le verbe (262a) – sans qu’il soit besoin de trois, comme précédemment, sans surtout qu’il faille donner une analyse exhaustive du discours.

On voit alors qu’il serait absurde de chercher ici l’enseignement de Platon sur les par­ties du discours et de s’imaginer qu’au niveau du Sophiste, il en poserait deux; par ce nombre, tout ce qu’il nous dit est que le discours est partageable, mais il se garde bien de faire le décompte.

En effet, si la théorie des parties du discours est exemplaire pour la linguistique, c’est justement en tant qu’elle est une commutation oublieuse de son départ, en tant que dans cette liste close et déclinable, un décompte des éléments du discours est possible, où le sujet, méconnu, devient terme (soit, nommément, le pronom).

Chez Platon, nous nous trouvons à l’origine de ce décompte, et le départ en est enco­re sensible: le non-être, on le sait, n’est pas encore un élément comme les autres, mais bien tel que si on le fait surgir, le discours disparaît, que si l’on fait surgir le discours, il ne sub­siste plus que comme fléchissement, tout à la fois cerne et passage d’un terme à l’autre soit la dimension de l’altérité par quoi le discours se définit comme assemblage.

C’est peut-être en tant qu’une méconnaissance n’est pas achevée que le sujet ne saurait être ici représenté par un terme énumérable dans une liste : le non-être où nous avons lu son apparition ne peut prendre place dans cette suite, dès lors impossible à conclure – il faut le faire tomber dans les dessous.

Mais une opération nouvelle alors se développe, où la séquence du dialogue semble rencontrer un point de régression.

S’il s’agit en effet de pouvoir énoncer un discours faux, de pouvoir dire ce qui n’est pas, cela n’est possible qu’à le dire sur ce qui est, le discours portant toujours sur un être: « ne discourant sur personne… le discours ne serait même pas du tout discours. Nous l’avons démontré en effet : impossible qu’il y ait discours qui ne soit discours sur aucun sujet. (L’Étranger en, 263c).

Et c’est ici peut-être que se révèle la véritable implication de ce qui pourrait sembler un choix arbitraire de Platon : est-ce un hasard si l’exemple où celui-ci entend manifester la possibilité du discours faux, est un énoncé portant sur un nom propre, «Théétète vole » ? Il semble que relié au verbe désignant l’action qui n’est pas, venant à cette place où l’être doit donner au non-être un support de prédication, le nom se doive fixer en nom propre.

Car enfin il était possible à l’Étranger de parler à la première personne : pétonai, « je vole », version inversée du Cogito. Il faudrait, dans cet évitement de la personne gram­maticale, reconnaître la prégnance du nom propre comme tel : s’il peut marque la place où le non-être disparaît, c’est que, désignant le sujet comme irremplaçable, comme pou­vant dès lors – selon les termes de J. Lacan – venir à manquer, il le repère précisément aussi comme ne manquant pas. Dans la suite des mots, le non-être, tournant autour du nom propre, semble refluer sur soi et se condenser : le sujet, fixé, prend les caractères d’une plénitude; la suite des mots, sitôt posée comme chaîne, redevient série sans vacilla­tion, le nom, partie du discours, étant aussitôt absorbé dans le nom propre.

Dans l’évitement de la personne grammaticale, avant sans doute qu’historiquement, la catégorie ait été définie comme telle, et puisse venir à fixer le sujet dans une méconnais­sance, on assiste pourtant au recouvrement de la vacillation; avec l’énoncé « Théétète vole », grâce à la plénitude du nom propre, non-être du non-être, le discours s’installe comme règne d’un savoir imperturbable.

Tout se passe comme si, à la fin du Sophiste, il fallait rebrousser chemin, effacer le non-être lui-même dans le discours, alors qu’il avait été nécessaire de l’y présentifier pour en fonder les propriétés de vérité. Les cycles de l’être et du non-être acquièrent dès lors le rang d’« hypothèses » vouées au silence des énoncés qu’elles supportent.

A la superposition des interprétations d’un même système formel, il faut substituer l’image d’un itinéraire de recouvrement, les homologies n’ayant pu se développer que pour se briser; la chaîne est redevenue série; à peine entrouvert, le registre du signifiant se refer­me, et le terme porteur de la cause de tous les effets de défaut, vient lui-même à faire défaut.

Tandis que l’être, restauré, révèle sa relation au discours, en tant qu’il en concentre les propriétés en une vérité désormais assurée, le non-être, sous les espèces du faux, fixe autour du nom propre les vacillations où il avait pu recevoir sa définition. Il devient à la fois le point où situer le registre à reconnaître comme ancrage d’une logique du signifiant, et, de ce fait même, le point où il faut en marquer la méconnaissance.

Mais le mouvement effectif est inverse : le signifiant et sa logique ont pu être une clé, mais c’était au prix d’accepter que notre commentaire se jouât dans un cercle, et pour situer ses appuis, discernât dans un texte lisse des indices de fermeture que l’on pût faire valoir comme méconnaissances et suturations. Il fallait ici, non pas lire une suture, mais l’inventer pour rendre un énoncé lisible : la figure de la chaîne a servi de recours.

Chaîne des genres, chaîne du dialogue, chaîne évanouissante des classes de mots, à chaque fois, un point a pu être visé où se lisait la logique du signifiant – jusqu’à recon­naître la limite où il faut éprouver que l’introduire réclame qu’on s’en retourne – jusqu’à rétablir dans la suite du Sophiste, la péripétie recouverte d’une éclipse du signifiant.

Dès le point de départ sans doute, c’était tout se donner que d’introduire par l’anec­dote la computation de l’être, où l’arithmétique des anciens sophistes offrait un soutien immédiat au modèle de la chaîne. C’était tout inventer, surtout s’agissant de Platon qui a, non pas méconnu, mais ignoré la structure du zéro. Mais ce n’est rien faire, sinon mettre au jour que, quand Platon parle de l’être, il vise son propre discours dans sa possibilité même, en tant que la vérité peut en contraindre l’articulation discrète.

Si dans sa déduction de l’être, celui-ci relie, par la médiation de la vérité, le sort de l’as­sertion et celui de la chose qui en est l’objet, l’enjeu de l’être, détaille en un discours qui réclame la vérité, les lois d’un lieu où le discours soit possible assertion de vérité.

Faire apparaître que ce soit là le reflet diffracté du signifiant, demande que l’on figure Platon dirigeant un regard aveugle vers un point dont l’unicité, la position et la validité ne sauraient subsister que d’être étrangères au regard même, en deçà d’une méconnaissance.

«Pour situer le point qui rend l’objet vivant, il faut, nous dit Breton, bien placer la bougie. »

a – Qu’il soit permis de rassembler sous ce terme unitaire, qui voudrait introduire leur homologie formelle, la refente du sujet, la déjection du a, les partages de l’être et du non-être.

ß – J.A. Miller, La suture, Cahiers pour l’Analyse, l, p. 57.

 

 

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123 – Euthyphron, A. Complido, Paris, éd. Ellipses, 1998. 124 – La République, Paris, Belles Lettres, 1981.

125 – Timée, Paris, Belles Lettres, 1985. PLAUTE (Titus Maccius Plautus)

126 – Pcenulus, Comédies, tome I, prologue, Paris, Belles Lettres, 1970. POINCARÉ Henri

127 – La science et l’hypothèse, Paris, Flammarion, 1968.

PONTALIS Jean Bertrand

128 – résumé de La relation d’objet, Bulletin de Psychologie, 1957. POULET Georges (1902-1991)

129 – Les métamorphoses du cercle, Paris, Flammarion, 1979. PRÉVERT Jacques

130 – Paroles, Pater Noster, Paris, Le Point de jour, 1947 – Paris, Gallimard, 1949. QUENEAU Raymond

131 – Le dimanche de la vie, Paris, Gallimard, 1951. QUINTILIEN

132 – De l’institution oratoire, Paris, Belles Lettres, 1980. RABELAIS François

133 – Les œuvres romanesques, Paris, H. Champion, 1999. 134 – Gargantua, Paris, Impr. Nat., 1997.

RACINE Jean

135 -Andromaque, 1677. REIK Theodor.

136-Der überraschte Psychologue, Ueber Erraten und Verstehen unbewusster Vorgänge, 1933 – Le psychologue surpris : deviner et comprendre les processus inconscients, Paris, Denoël, 1976.

137 – Über Kollektives Vergessen, Internat. Zeitschr. f. Psychoanal., VI, 1920, repris dans Der eigene und der fremde Gott, 1925.

RUSSELL Bertrand

138 -An inquiry into Meaning and truth, Londres, Allen & Unwin, 1940, traduction Philippe Devaux, Signification et vérité, Paris, Flammarion, 1969.

139 – La philosophie de l’atomisme logique, Écrits de logique philosophique, Paris, PUF, 1989.

RUSSELL Bertrand & WHITEHEAD Alfred North

140 -Principia mathematica, London, Cambridge University Press, 1910-1913. SAPIR Edward

141- Le langage, introduction à l’étude de la parole, Paris, Payot [sans date d’édition]. SAUSSURE Ferdinand de

142 – Cours de linguistique générale, Paris, Payot, 1972. SHACKELTON Ernest sir

143 – L’Odyssée de l’Endurance, Paris, Phébus, 1988. SHERIDAN Richard Brinsley Butler (1751-1816)

144 – The School for scandal, London, 1777, – L’école de la médisance, Paris, Aubier, 1969.

SIMPLICIUS

145 – Commentaire sur les catégories d’Aristote, 2 vol., Paris, Brill, 1971 et 1975. SOMAIZE Antoine Baudeau de

146 – Le grand dictionnaire des prétieuses (1661) I-III, Genève, Slatkine reprints, 1972.

STEEN SORENSEN Holger

147 – The meaning of proper names, Copenhague, G.E.C.GAD, 1963. STEIN Conrad

148 – Langage et inconscient, L’inconscient (VIe Colloque de Bonneval), Paris, Desclée de Brouwer, 1966.

149 – Séminaire sur Totem et Tabou, commentaire d’un texte de Freud, ronéotypé en sept fascicules à la S.P.P. Réimpressions : 1966, Aufman Laroche, Montréal, Association d’études freudiennes; à reparaître.

150 – Transfert et contretransfert ou le masochisme dans l’économie de la situation ana­lytique, conférence à la S.PP le 20.10.1964, parue dans la Revue française de psy­chanalyse, vol.30, n° 3, p.177-186, puis dans le chapitre II de L’enfant imaginai­re, Paris, Denoël, 1987.

TÉRENCE (185 ? – 160 ? av. J.C.)

151 -Héautontimoroumenos (Le bourreau de soi-même), joué en 163 av. J.C. THÉOCRITE

152 – Le cyclope, Bucoliques grecs, tome I, Paris, Belles lettres, 1925. THOMAS André

153 – La caresse auditive au nourrisson, le prénom et le pseudonyme, Presse Médicale, 68, n° 7, 6 février 1960, repris dans : André Thomas et S. Autgzarden, La loco­motion de la vie fœtale à la vie post-natale, 1963.

TROUBETZKoy Nicolas Serge

154 – Principes de phonologie, Klincksieck, 1986. URFE Honoré d’

155 – L’Astrée, Paris, Gallimard, 1984. VIRGILE

156 – Énéide, Paris, Belles Lettres, 1989. VYGOTSKi Lev Semonovitch (1896-1934)

157 – Pensée et langage, Paris, Éditions sociales, 1985 – Paris, Dispute, 1997. WESTWOOD Thomas

158 – The Chronicle of the Complète Angler, London,1864. WINNICOTT Donald Woods

159 – Objets transitionnels et phénomènes transitionnels, La psychanalyse vol.5, Paris, PUF, 1959. Et Jeu et réalité, Paris, Gallimard, 1975 (traduction différente). ZINBERG Norman E.

160 – La psychanalyse en Amérique, Diogène, n°50, Paris, Gallimard, 1965, p.79-112.

 

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