Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

BÉANCE

  1. béance E360 L’identification narcissique,  /…/ laisse le sujet/…/ plus offert que jamais à cette figure obscène et féroce que l’analyse appelle le Surmoi, et qu’il faut comprendre comme la béance ouverte dans l’imaginaire par tout rejet (Verwerfung) des commandements de l a parole.

 

  1. béance E613 : Hors ce foyer de l’école hongroise /…/, seuls les anglais /…/ ont su articuler cette béance dont témoigne le névrosé à vouloir justifier son existence, et  par là implicitement distinguer de la relation interhumaine /…/ cette relation à l’Autre où l’être trouve son statut.
  2. béance E628 : Le désir de l’homme est le désir de l’Autre. Ceci vise une toute autre fonction que celle de l‘identification primaire /…/, car in ne s’agit pas de l’assomption par le sujet des insignes de l’Autre, mais cette condition que le sujet a à trouver la structure constituante de son désir dans la même béance ouverte par l’effet des signifiants chez ceux qui viennent pour lui représenter l’Autre, en tant que sa demande leur est assujettie.

 

  1. béance E838 : Notre séminaire /…/ suscitait la place d’où ça pouvait parler /…/. La place en question, c’est l’entrée de la caverne au regard de quoi on sait que Platon nous guide vers la sortie, tandis que‘on s’imagine y voir entrer le psychanalyste. Mais les choses sont moins faciles, parce que c’est une entrée où l’on n’arrive jamais qu’au moment où l’on ferme /…/ et que le seul moyen pour qu’elle s’entr‘[sic]ouvre c’est d’appeler de l’intérieur. /…/ Béance, battement, une alternance de succion pour suivre certaines indications de Freud, voilà ce dont il nous faut rendre compte, et c’est à quoi nous avons procédé à le fonder dans une topologie.

 

  1. béance E851 : La libido n’est pas l’instinct sexuel. /…/ Sa couleur sexuelle /../ est couleur de vide, suspendue dans la lumière d’une béance. Cette béance est celle que le désir rencontre aux limites que lui impose le principe dit ironiquement du plaisir, pour être renvoyé à une réalité qui, elle, on peut le dire, n’est ici que champ de la praxis. C’est de ce champ que le freudisme coupe un désir dont le principe se trouve essentiellement dans des impossibilités.

 

  1. béance Figaro Littéraire (le 1.12.1966) sous le titre “Un psychanalyste s’explique”, Jacques Lacan, veut que la psychanalyse redevienne La peste” “L’enfant fait passer son besoin par le langage mais jamais le langage n’arrive à s’égaler à lui-même. Et c’est cette béance […] que vient com­bler le désir. Le désir est donc articulé dans le langage sans que le lan­gage puisse s’égaler à lui. […] Cette histoire date d’avant la naissance. Non seulement parce que l’enfant, avant de venir au monde, est déjà assorti d’un nom et d’un pré­nom, mais encore parce que sa naissance est commandée par le désir de ses parents. La façon dons ses parents l’ont désiré, bien ou mal, avant sa naissance […] cela va le lier à une certaine place dans le monde et de cette place va résulter telle ou telle consé­quence parmi lesquelles perver­sions, névroses, etc. S’il est donc vrai que, pour Freud, tout est inscrit dans cette parole structurée qu’est le désir, il suit que tout dans l’histoire de l’homme, est lié à incidence du langage.

 

  1. béance L04 226: [HANS] Tout dépend de ce que l’enfant est réellement pour la mère. /…/ : Jusque là, l’enfant est dans le paradis du leurre. /…/ L’enfant essaie de se couler, de s’intégrer, dans ce qu’il est pour l’amour de la mère /…/ Mai sà partir du moment où intervient sa pulsion, son pénis réel, apparaît ce décollement [clivage] dont je parlais tout à l’heure. Il est pris à son propre piège, dupe de son propre jeu, en proie à toutes les discordances, confronté à la béance immense qu’il y a entre satisfaire à une image et avoir quelque chose de réel à présenter. /…/ Ce qui joue alors un rôle décisif, c’est que ce qu’il a /…/ à présenter lui apparaît /…/ comme quelque chose de misérable. L’enfant est alors placé devant cette ouverture d’être le captif, la victime, l’élément passivé d’un jeu où il devient la proie des significations de l’Autre. /…/ c’est très précisément en ce point que s’embranche l’origine de la paranoïa.

 

  1. béance L09 24/01/62 p.160: Le « ne » de « je crains qu’il ne vienne » /…/ ne veut rien dire d’autre que « j’espérais qu’il vienne »; il exprime la discordance de vos propres sentiments à l’endroit de cette personne, qu’il véhicule, en quelque sorte, la trace combien plus suggestive d’être incarnée dans son signifiant, puisque nous l’appelons en psychanalyse ambivalence. « Je crains qu’il ne vienne » /…/  [c’est] montrer combien, dans un certain type de relations, est capable /…/ de se marquer en une béance cette distinction du sujet de l’acte d’énonciation en tant que tel, par rapport au sujet de l’énoncé.

 

  1. béance L11 156 : Dans un système limite, il y a une certaine façon d’inscrire chaque point défini, comme caractérisé quant à l’énergie potentielle à l’endroit des points les plus voisins, on parle de notation ou de cotation scalaire. Dès lors on peut définir chaque point par une dérivée, vous savez qu’en calcul infinitésimal c’est une façon de coter les variations infiniment petites. Il y aura donc, pour chaque point, une dérivée par rapport au versant immédiatement voisin, et cette dérivée sera notée pour chaque point du champ. Cette dérivée peut s’inscrire sous la forme d’un vecteur, et l’ensemble des vecteurs, nous pouvons les composer. Il y a alors une loi qui paraît au premier abord curieuse, mais qui assurément est tenue pour fondamentale, ce qui, d’un tel vecteur, lequel réalise la composition de ces dérivées connotées de chaque point du champ du point de vue de l’énergie potentielle, ce qui, donc, d’un tel vecteur franchit une certaine surface, qui n’est rien d’autre que ce que, pour moi, j’appellerai la béance, de ce qu’elle est définie par une structure de bord, est pour une même surface une constante. Les variations du système étant ce qu’elles peuvent être, ce qui se trouve pourtant au niveau de l’intégration du potentiel, ce qu’on appelle le flux, est donc constant.

 

  1. béance faille L12 3/3/65 p.9: La castration dans le vécu terminal d’une analyse de névrosé, ou d’une analyse féminine, est à proprement parler impensable, si l’opération analytique n’est rien d’autre que cette expérience conjuguée de la demande et du transfert, au cours de quoi le sujet a à faire l’expérience de la faille qui le sépare de la reconnaissance, qu’il vit ailleurs que dans la réalité et que cette expérience de la béance c’est là tout ce qu’il a à intégrer dans l’expérience analytique. L’articulation de la castration à la frustration à elle toute seule nous commande d’interroger les relations du sujet autrement que de la façon qui peut en quelque sorte s’épuiser dans la double relation du transfert et de la demande.
  2. béance  STO2-151
  3. béance  STO2-152
  4. cassure [L10 14/11/62 p.13]: La capture narcissique /…/ la limite -qui est très précise- qu’elle introduit quant à ce qui peut s’investir dans l’objet et que le résidu, la cassure, ce qui ne peut s’investir dans l’objet va être proprement ce qui donne son support, son matériel, à l’articulation signifiante, qu’on va appeler sur l’autre plan-symbolique: la castration. L’empêchement survenu est lié à ce cercle qui fait que du même mouvement dont le sujet s’avance vers la jouissance, c’est-à-dire vers ce qui est plus loin que lui, il rencontre cette cassure intime toute proche /…/ de s’être laissé prendre en route à sa propre image, à l’image spéculaire [i(a)].

 

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